15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 14:49

...Ou l'émotion du temps retrouvé.

 A gauche, Varian Fry - A droite, reconstitution 3D de Air-Bel par Alain Guyot et ses étudiants de l'ENSA Marseille.

Qui se souvient de Varian Fry, le "Schindler américain" qui débarqua à Marseille en 1940 avec 3000 dollars en poche et une liste de 200 personnalités à exfiltrer en un mois, et en fut expulsé treize mois plus tard par les autorités de Vichy après avoir sauvé plus de 2000 personnes ?

...Je n'en savais, pour ainsi dire, à peu près rien avant qu'Anne Lüscher* (qui m'avait précédemment alerté sur la mort de Jacques Yankel) me découvre des pans entiers de cette histoire en m'ouvrant à des souvenirs et des sources qui, pour certaines, lui furent intimement proches.

C'est une des bonnes surprises que m'aura offertes le confinement.

UN FILM DOCUMENTAIRE :

Un livre :

VILLA AIR-BEL 1940-1942 Un phalanstère d'artistes

Alain Guyot et Diana Pollin

Editions de la Villette

Rien ne prédisposait Varian Fry à l’héroïsme. Fils de famille bourgeoise, il grandit dans cette Amérique des banlieues riches du New Jersey, avant d'intégrer l'université de Harvard. Diplômé en 1931, il pratique à la fois le journalisme et le professorat de lettres classiques. Envoyé à Berlin en 1935 pour un reportage sur le nazisme, il y découvre les persécutions contre les juifs et prend conscience de la menace totalitariste qui allait mettre l'Europe à feu et à sang. Son destin est scellé. Mais que faire ? Écrire, militer, protester, manifester, aider des réfugiés austro-allemands fraîchement arrivés à New-York, cela parvient un temps à apaiser sa bonne conscience. En 1940, avec le soutien d'Eleanor Roosevelt et du Musée d'Art Moderne de New-York, il prend part à la fondation d'un Centre Américain de Secours (The Emergency Rescue Committee) dont la mission serait de faire sortir de France artistes, savants, philosophes et écrivains de renommée regroupés à Marseille, capitale de la Zone Libre de "l'Etat français". Regroupés ? Oui, mais surtout piégés ! La Zone Libre fut un vaste camp d’internement dans l’attente de l’inévitable invasion nazie. Très vite, le comité veut envoyer un homme de confiance connaissant bien l'Europe et parlant couramment le français à Marseille. Fry se porte candidat.

Le temps était compté.

Fry arrive à Marseille le 14 août 1940 pour une mission de 3 semaines et l'objectif de sauver 200 personnes parmi lesquelles : Victor Serge, romancier, essayiste et trotskiste, André Breton, les peintres Oscar Dominguez, Wifredo Lam, Max Ernst, Hans Bellmer, Marcel Duchamp, Victor Brauner, Jacques Herold, Jacques Lipschitz, André Masson, les écrivains Heinrich et Golo Mann, Franz Werfel, Lion Feuchtwanger, Benjamin Péret, les philosophes Hannah Arendt, Anna Seghers et Claude Lévi-Strauss, le prix Nobel de médecine Otto Meyerhof et la claveciniste Wanda Landowska.

Trois semaines ? Quand il y a ceux qui ne veulent pas partir, dont Marc Chagall (Fry se déplace pour le convaincre, mais en vain. Chagall se voit avant tout artiste, la police le voit avant tout juif et l'arrête. Fry le fait sortir de prison et l'expédie illico en Amérique avec femme et enfant).

Fry restera 13 mois et aura sauvé plus de 2000 personnes avant d'être expulsé en septembre 1941.

La mission de Fry est aussi le récit d’une rencontre avec la Villa Air-Bel, vestige d’une France humaniste et éclairée par les idéaux républicains, qu'il loue en marge de la ville. La France qui l'a enchanté lors de ses voyages de jeunesse, il la retrouve dans ses garnitures et équipements, dans son jardin à la française, et sur son belvédère surplombant la vallée de l’Huveaune. Il installe ses artistes/candidats à l’exil dans cette villa deve-nue Château Espère Visa et réinvente un pays où il n’était pas interdit de penser, de parler et de créer librement… comme avant ! C’est toute la brève aventure que relate cet ouvrage à deux voix.

Regrettant la démolition de la Villa Air-Bel en 1982, ses auteurs, Alain Guyot et Diana Pollin, s’emploient tant par le récit historique et biographique que par le dessin à la faire revi-vre, y compris en nous livrant les coulisses du travail de reconstitution numérique des lieux mené avec les étudiants en architecture de l'ENSA Marseille.

Alain Guyot, architecte, enseignant à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Marseille, chercheur.

Diana Pollin, Américaine d'origine, professeure d'université, auteure, traductrice.

Un site remarquablement documenté, initié par Alain Guyot (dont nous entendrons la voix dans le commentaire du film qui va suivre), ressuscite la villa Air-Bel au-delà même de la reconstitution 3D dont nous pouvons suivre chacune des étapes.

Pour l'ensemble des éléments relatifs à la reconstitution virtuelle, en particulier, voir le menu de Restitution 1940

 

* Anne Lüscher (son site de peinture)...

Architecte DPLG en 1976, c'est au retour de plusieurs années en Afrique qu'elle passe un post-diplôme en architecture bioclimatique et se lie d'amitié avec Alain Guyot qui était alors son professeur principal.

Une de ses compositions qui m'évoque Marseille :

Le vagabond (CLIC sur le titre)

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Proposée par JMA, le 16.06 :

André Breton/Villa Air-Bel, une vidéo d'Alain Paire.

CLIQUER sur REGARDER SUR VIMEO.

Quelques suggestions de lecture en complément du sujet :

 

Le Diable en France, de Lion Feuchtwanger, 360 p. - Le Livre de Poche, 7,90€

Seul récit autobiographique d'un des plus grands écrivains allemands de son époque, Le Diable en France retrace l’internement de Lion Feuchtwanger au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence. Exilé dès l'arrivée des nazis au pouvoir, Lion Feuchtwanger vit pendant six ans « heureux comme Dieu en France », pour reprendre le dicton germanique. Mais l'enfer commence pour lui avec la débâcle française de 1940, quand il est incarcéré avec d'autres artistes juifs allemands ou autrichiens en exil. Petits et grands malheurs de ces intellectuels arrachés à leur univers, mais aussi cruelle désillusion de cet admirateur de la patrie des droits de l'homme vis-à-vis de la France qui l'a trahi : ce récit est une mise en garde bouleversante contre ce « diable de la négligence, de l'inadvertance, du manque de générosité, du conformisme, de l'esprit de routine »...

 

Transit, de Anna Seghers, 376 p. - Le Livre de Poche.

"Si ce roman est devenu le plus beau de ce que Anna Seghers a écrit, c'est certainement à cause de la situation historique et politique, atrocement unique, qu'elle a choisie comme modèle-référent. Je doute que notre littérature, après 1933, puisse montrer beaucoup de romans qui soient écrits comme celui-ci, sans défaut, avec l'assurance du somnambule." Heinrich Böll. Marseille 1940. Anciens combattants de la guerre d'Espagne, déserteurs, juifs, écrivains, artistes et opposants allemands au nazisme, certains réfugiés en France dès 1933 comme Anna Seghers, tout ce que la Wehrmacht pourchasse se trouve, pour ainsi dire, acculé le dos à la Méditerranée, en attente d'un hypothétique embarquement vers la liberté. Si Marseille est encore située en zone libre, personne parmi les fugitifs ne doute de l'imminence d'une occupation totale de la France. Dans le dédale de Transit, on assiste à une chorégraphie de la comédie humaine qui n'en finirait pas de s'être déréglée. (in Babelio)

 

Max et Leonora, de Julotte Roche, 184 p. - Le Temps Qu'il Fait.

Que le peintre surréaliste Max Ernst et Leonora Carrington aient vécu dans mon village, qu’ils aient choisi, en 1939, le calme de Saint-Martin d’Ardèche aurait pu suffire à mon bonheur. Mais leur image était trop belle.
Assis sur les pierres chaudes, Max regardait intensément la rivière. À ses côtés se tenait, «magnifique et nue », la belle Leonora. Il lui disait combien il était heureux. Elle chantonnait paradise.
Quand ils se sont relevés, je n’ai plus rien compris. Max avait des menottes aux poings et Leonora courait en cheveux dans les rues du village.
Leonora, que s’est-il passé en mai de 1940 dans ce petit village français ?
Longtemps après, je me suis glissée à leur place, j’ai fermé les yeux et écouté leur absence. J’ai tout entendu des pierres, elles m’ont laissé transcrire cette histoire, elles m’ont choisie. C’est normal, moi aussi je suis minérale. — (J. R.)

 

 

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commentaires

V
Merci beaucoup, je vais essayer d'y penser dimanche.
très belle journée à vous et merci pour votre travail de recherche qui fait vivre la mémoire.
Belle journée
Virginie
Répondre
G
@ Virginie
(Et plus généralement à l'attention de tout visiteur désireux d'élargir ses connaissances sur Varian Fry.)

Anne Lüscher me fait part de l'existence d'une association Varian Fry :
www.varianfry-france.fr

...Ainsi que de cette autre information :
Le livre écrit par Varian Fry lui-même a été édité pour la troisième fois sous le titre :
"Livrer sur demande: quand les artistes, les dissidents et les juifs fuyaient les nazis".
(Marseille,1940-1941).Marseille: Agone, 2008.Traduction d'Edith Ochs.

A noter en outre que l'émission "Autant en emporte l'Histoire" diffusée entre 21 h et 22 h le dimanche sur France Inter sera tout entière consacrée à Varian Fry, ce dimanche 18 avril (réécoutable ultérieurement dans les archives de France Inter).
Répondre
V
Merci pour ce magnifique film racontant cette histoire. Je me suis intéressée à Varian Fry il y a 3 ans et j'aime son histoire, c'est avec plaisir de lire votre article.
Existe t'il encore un livre sur sa vie disponible en librairie?
Très belle journée à vous
Virginie
Répondre
G
Je n'ai pas de compte Facebook, mais j'ai néanmoins pu relever votre intérêt pour le patchwork et autres travaux d'aiguilles. Peut-être aurez-vous la curiosité de découvrir le blog de POM qui s'y adonne avec beaucoup de bonheur, tout en me faisant le plaisir de me suivre de loin en loin depuis pour ainsi dire l'origine de mon blog.
http://www.atelier-papillon.fr/
Très bonne fin de journée.
V
Merci beaucoup pour votre réponse.
très belle journée à vous également
Virginie
G
Bonjour Virginie,
Il semblerait que LA LISTE DE VARIAN FRY (Bernadette Costa-Prades) édité chez ALBIN MICHEL en 2020 soit toujours disponible.
Ce n'est sans doute pas le seul.
Accessoirement, Anne Lüscher m'a fait savoir tout récemment que Diana Pollin vient de sortir un roman en relation avec la Villa Airbel :
https://villaairbel1940.fr/le-maitre-du-jeu/

Espérant vous avoir été utile, je vous souhaite une très belle journée.
V
j'ai oublié de préciser que j'ai déjà acheté le livre de Monsieur Guyot sur la villa air bel je l'avais acheté en 2017.
A
Moi aussi, j'ai réussi à m'inscrire à la newsletter, effectivement ça ne marche pas bien et c'est quand j'ai renoncé que c'est arrivé !
J'ai acheté le livre "la liste noire" de Varian Fry édition Plon 1997 (d'occasion,je pense qu' il n'est plus édité).Dans ce livre, publié pour la première fois aux Etats Unis en 1945 et resté inédit en France, Fry relate son aventure hors du commun.Un témoignage exceptionnel et bouleversant qui se lit comme un roman d'espionnage.Je vais recevoir aussi un film commandé :" le héros de l'ombre ". Je confirme le commentaire de JMA les propos d'Alain Paire sont aussi très passionnant.
Pour Fernand Raynaud,,je l'ai croisé petite fille dans les couloirs de la salle Pleyel, il marchait à côté de Léni Escudero et il m'a fait " bou !! ".en me pointant du doigt.Même pas eu peur !! Je les avais reconnus tous les deux.(leurs costumes leur allaient bien).Qu'est ce que je faisais seule dans ce couloir ? C'est une autre histoire .
Répondre
G
Une inscription, ça se mérite, n'est-ce pas ? ;o)
Je n'imaginais pas que les dysfonctionnements étaient aussi fréquents, avant d'en faire l'expérience moi-même (il a fallu que je m'inscrive récemment à la newsletter de mon blog pour en prendre conscience).

Tu vas devenir une spécialiste incontournable de Fry. :o)

C'est curieux, la première question qui m'était venue à l'esprit n'était pas de savoir ce que tu faisais seule dans ce couloir mais ce qu'y faisaient ensemble Fernand Raynaud et Leny Escudero. ;o)
On le sait peu : Fernand Raynaud a fait une saison avec le cirque Amar à la fin des années 50. J'ai eu la chance d'être invité à partager en famille un week-end complet de cirque (spectacle, ménagerie, repas dans la caravane...) par Jean Roche qui était alors en charge de la confiserie et de la publicité, avant de prendre plus tard la direction du cirque jusqu'en 1972.
D
balaise le mec
Répondre
G
Je suppose que tu parles de Julien Guyot, l'infographiste ? Il précise son travail dans une courte conférence audio : "Les coulisses de l'image virtuelle" (11:45).

Tu me fais souvenir de cet article sur les ruines du château de Miglos, en Ariège.
http://gehem.over-blog.fr/article-nocturne-au-chateau-de-miglos-ariege-124375560.html
Depuis, une reconstitution 3D en a été faite, pas dégueu non plus...
youtube.com/watch?v=po1HaJqPUHE
J
Merci
Je ne connaissais pas du tout cette histoire et a fortiori l'origine du jeu de Marseille dont j'avais pourtant entendu parler.
Répondre
G
S'agissant du jeu de Marseille, Anne Lüscher qui en a une copie m'a apporté ces précisions (imprimées sur la première carte) :

" Le Jeu de Marseille
édité à Marseille par André Dimanche et fabriqué selon un procédé artisanal, par le Maitre Cartier Grimaud.

Indépendamment du joker (Ubu, par Jarry) les seize cartes (en y comprenant les as) qui commandent le Jeu de Marseille ont été dessinées, à raison de deux pour chaque participant, par

Victor Brauner
André Breton
Oscar Dominguez
Max Ernst
Jacques Hérold
Wifredo Lam,
Jacqueline Lamba
et André Masson.

Pour que l'ensemble ainsi constitué garde un caractère collectif, aussi anonyme que possible, elles ont été reprises scrupuleusement d'un seul trait par Robert Delanglade.

André Breton"
T
Excellent, ..merci !
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G
Entre nous, je trouve même le clip particulièrement réussi. ;o)
D
non ! c'est un tour de force linguistique....je trouve
G
Voyou !
Je viens de te lire chez Durdur... Si c'est pas une honte de proposer "Merde in France" ! ;o)))
P
Un personnage et une histoire que je découvre. J'ai apprécié l'ambiance de la visite virtuelle.
Merci pour le partage.
Répondre
G
Vous voilà camarades de régiment si je t'ai bien interprétée chez Durdur. ;o))

Je vais refaire un saut chez toi pour voir si la situation est rentrée dans l'ordre.
P
Et ben mon côlon! Merci pour les infos ça devrait aller alors, me voilà rassurée.
J'ai des problèmes sur mon blog effectivement, tu es le 2ème à me dire qu'on ne sait pas commenter... Je vais me pencher la dessus.
G
Je vais au plus vite (je n'ai pas réussi à te laisser un message sur ton blog) : on a retrouvé Rotpier.
http://durdan.eklablog.com/dernieres-nouvelles-a191055306
G
Avec plaisir.
Il n'est pas exclu que j'ajoute un ou deux documents.
J
Le site villaairbel1940 est tout à fait captivant et il y a matière à s'occuper pendant des heures. Je suis naturellement très loin d'en avoir fait le tour complet mais j'ai écouté avec grande attention les propos d'Alain Guyot dans sa conférence du 12 octobre 2013 (thème 1 - l'enquête) et ceux d'Alain Paire sur Max Ernst à la même date (thème 2 - les surréalistes).
J'ai aimé entendre A. Paire rappeler la période heureuse de Max Ernst à Saint-Martin d'Ardèche et comme elle fut productive. Et je ne suis pas mécontent d'avoir trouvé en outre, de ce même Alain Paire, une vidéo sur André Breton et la villa Air-Bel.
Merci pour cet article plus qu'intéressant.
Répondre
G
Bravo et merci pour la vidéo.
Moi-même, je ne suis pas sûr d'avoir épuisé les ressources du site alors qu'Anne Lüscher me l'a fait connaître il y a bientôt deux mois.
J
Pardon, ce n'est pas plus mal de mettre le lien vimeo. ;)
https://vimeo.com/234693106
C
j'ai gardé le documentaire pour plus tard...le site est déjà une mine en soi et je suis fasciné par les vestiges encore présents dans la médiocrité contemporaine ainsi que par la magie des restitutions 3D
Répondre
G
Entre jeu de piste et puzzle... L'environnement actuel ne plaide guère en faveur de l'évolution de notre urbanisation.
C'est un euphémisme. ;o)
N
j'ai trouvé le programme de ma soirée, merci
biz
Répondre
G
La sobriété n'est pas un défaut, mais je préfère les chameaux (aux bosses plus évocatrices). ;o)))
Bises :o)
N
je dois être sobre comme un dromadaire, j'ai regardé les deux films et même un peu plus sans boire une goutte :)
biz
G
Tu as le droit de boire un thé, une bière ou un whisky après le premier film. ;o)
Bises.
M
Je ne connaissais pas du tout cet épisode de l'histoire. Il faut dire que le héros fut très discret.
Répondre
G
Je n'en sais foutrement rien non plus, mais s'il y en a un des deux qui la mériterait, c'est bien son tailleur... Chaque fois que je vois le nabot agité de ses tics, je pense au sketch de Fernand Raynaud... ;o))
https://www.youtube.com/watch?v=TtADuXkM560
M
Quand on pense à des gens à qui on donne la légion d'honneur. Comme le tailleur ou le cuisinier de Sarkozy (je ne sais plus lequel).
G
On peut dire que son pays même l'a "aidé" à rester discret en l'accueillant presque froidement lors de son retour. Et la France, seule nation à l'avoir honoré de son vivant, ne lui a décerné la Légion d'honneur que très peu de temps avant sa mort en 1967. Ce n'est qu'à partir des années 90, bien longtemps après son décès, que sont venues les marques de reconnaissance. Sans faire grand bruit.