13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 16:37

Le néologisme est plaisant, isn't it ? L'expression est de Mélanite qui, au retour d'un séjour dans les Landes (où, vous l'aurez vu, elle s'en était allée cueillir des étoiles), l'a appliquée au contenu de ma courte vidéo précédente et donc, pour partie, à une petite oeuvre personnelle que j'ai assez aimée pour la garder : "Quand je serai grand je serai épicier".

...C'est plus qu'assez de ne la revoir qu'à moitié.

Au-dessus d'elle, une oeuvre de Robert Petit-Lorraine et l'occasion qu'elle me donne d'évoquer le souvenir de ce grand artiste trop modeste pour briller dans un siècle où prévaut le tapage.

Des reflets de soleil qui ont quelques années et ont eu pour effet de me ramener l'esprit plusieurs décennies en arrière, au tout début d'un bel après-midi ensoleillé d'octobre dans le milieu des années 80. Dans ces années-là, des Petit-Lorraine j'en avais déjà vu des centaines : encres de chine, aquarelles, lavis, huiles ou sérigraphies. Mais jamais encore je n'avais eu l'occasion de feuilleter ces précieuses éditions originales dans lesquelles sont regroupées des merveilles de dessins qui comptent parmi les plus belles illustrations qu'on ait faites de la poésie de Saint-John Perse. Et c'est ce plaisir délicat que m'offrit ce jour-là Robert Petit-Lorraine lui-même en m'invitant à découvrir l'ensemble de ses exemplaires réservés, en sa discrète demeure (elle l'était autant que lui) de "la Châtaigneraie".

 

De Petit-Lorraine, tout compte fait, on trouve très peu d'informations et d'images sur le net. Pas la moindre page Wikipédia. Mais qu'importe ? Il suffit d'une belle page aux mots justes. Et c'est sans réserve aucune que je partage ceux qu'écrivit Jean-Pierre Rosnay à son propos :

Rien n'est si difficile que d'accéder à la simplicité.

Oiseau - Encre de chine et lavis d'encre sur papier.

D'autres bonnes lignes, il y en eut un moment sur le web. Elles venaient, me semble-t-il, de la Fondation Saint-John Perse. Une causerie autour d'une programmation culturelle, et qui a dû en rejoindre les archives. Etait-ce à l'occasion de l'expo 1981 "Deux regards sur Saint-John Perse : Lucien Clergue, photographe, et Robert Petit-Lorraine, peintre" ? Je ne saurais plus l'assurer.

 

C'est presque par hasard qu'il y a un peu plus de cinq ans je suis tombé sur ce tout petit coin de verdure où s'élève une stèle toute simple. Deux photos prises avec mon mobile. En les revoyant aujourd'hui, je pense à cet après-midi lointain où je me délectais de la découverte de dessins tout de légèreté et de finesse. Comme le champagne que son auteur avait eu la délicate élégance de m'offrir.

 

 

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commentaires

C
joli! on sent même la finesse des bulles :-)
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G
C'est bien, hein, une flûte de champagne, pour commencer la journée ? ;o)
D
il a ajouté Lorraine en hommage à Claude ?
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G
Certains pensent que c'est à cause de la gelée de mirabelles (et pour tromper l'ennemi). ;o)
D
c'est un épi taf ?
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G
Tu as bien fait de la faire celle-là avant le passage du descendant de vikings... Epi c'est tout. ;o))
P
J'aime beaucoup cette phrase "Rien n'est si difficile que d'accéder à la simplicité." qui me semble bien illustrée dans ce qu'on voit en suivant les liens que tu proposes.<br /> Pour le reste, ma culture artistique ne me permet pas de rebondir davantage sur les noms que tu cites et qui ne m'évoquent rien. Je me retire donc sur la pointe des pieds pour ne pas déranger...tout simplement.
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G
Tu ne me déranges jamais, c'est toujours un plaisir de te lire.
J
Je connaissais peu l'homme mais j'apprécie toujours la spiritualité et la délicatesse de son art. J'avais eu l'occasion de t'en toucher quelques mots à propos d'un article consacré à Helmut Krackenberger. Les phrases louangeuses de Saint-John Perse et de Giono me semblent lui rendre un juste hommage.
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G
Je viens en effet de NOUS relire... Et je me rends compte que je m'étais allégé d'une bonne quinzaine d'années en évoquant alors ce souvenir. ;o)
N
il y a quelque chose du haiku dans cet art d'aller à l'essentiel<br /> j'aime beaucoup
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G
Influence certaine et tout à fait bénéfique de Saint-John Perse.
M
J'ai cliqué partout, quelle belle découverte (moi je dis une émouverte quand ça me touche comme ça). Merci.<br /> Cheval, je l'ai vu en montant à La Rhune, c'est un pottok, le cheval des cavernes !
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G
Son intérêt pour les Cathares portait plutôt Petit-Lorraine de l'autre côté de la chaîne des Pyrénées, vers Montségur, zone où le cheval de Mérens (autre star des cavernes) est roi. On prend les paris ? ;o)
A
merci pour ce partage.Tout est dit, bien dit et bien vu ! Quelle légèreté en ces temps si lourd.
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G
On ne peut pas faire tout à fait mal avec un bon sujet. ;o)