Présentation

NOTA BENE

Commentez, commentez, il en restera toujours quelque chose et vous serez vos seuls censeurs. Ne vous étonnez cependant pas de ne pas voir vos commentaires s'afficher immédiatement : tous seront validés après lecture.

ou choisissez le flux RSS

  • Flux RSS des articles

C'est sur le Net

...donc soyons clair !

Sauf mention contraire, toutes les créations présentes sur ce site sont la propriété exclusive de leur auteur.

 

Aux termes des articles L.111 et suivants du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou diffusion publiques et tout usage commercial sont interdits sans autorisation de l'auteur ou de ses ayant cause.

Recherche

UN BLOG DE VIEUX

... QUI DECOIFFE LES CHAUVES. 

 

Mais que trouverez-vous dans ce Blog ?
De l'humour, de l'humour et encore de l'humour. Désolé ! C'est tout ce que je peux faire pour vous :
Des dessins de fainéant : ...je dis ça aussi parce qu'ils m'évitent de longs discours (je suis assez elliptique comme garçon !) 

Des passe-temps (Moi qui n'aurais pas le mauvais esprit de mettre mes semblables en boîte, il ne me déplaît pas de les mettre en sablier. Ce sont de ces idées qui traversent la tête, le temps de se faire cuire un oeuf à la coque. A votre place, je n'en conclurais pas trop vite que le sablier est un passe-temps innocent.),
Des rébus drolatiques pour vous dégourdir les neurones,
Géhèm à lire : des textes courts, des mots, des amuse-gueule quoi ! Rien qui s'élève exagérément au-dessus du coude, rassurez-vous !

Des gens (et même des z'animaux !) qui, bien sûr, ne ressemblent qu'aux autres.

...Et tout ce qui viendra au gré de mes humeurs, de l'actualité, que sais-je ? ...Vous verrez bien ! 

 

Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 00:05

 

3

 

   Sur l’horizon, à l’est, une aveuglante clarté jaune s’élargissait. L’inspecteur se gara au bout de la tranchée. Sacré coup de collier ! reconnut-il : ils avaient pour le moins fait le travail de quatre. Mais foutu gâchis, tout de même !... Enfin, il n’était pas question de se mettre à leur place et l’idée seule qu’ils puissent un jour prendre la sienne lui enleva toute sa sympathie. D’ailleurs, ils arrivaient d’un pas traînant ; cette putain de nonchalance feinte l’exaspérait.

   - Salâm, chef, dit Lu, portant la main au cœur avant de la lui tendre.

   - Salâm, fit Momo en écho.

   - Salut, les gars, répondit-il en serrant les deux mains. Joli boulot, vous n’avez pas chômé.

   - Ça occupe la tête, déclara Lu.

   - Et les bras, compléta Momo.

   - Et les jambes, souligna l’inspecteur.

   - Alouette, gentille alouette, chantonnèrent Momo et Lu d’une double voix flûtée.

   Quels cons ! rigola l’inspecteur en lui-même. Finalement, ils sont bien à leur place.

   - Pas de problèmes avec les laboureurs ? demanda-t-il.

   - Pas pour l’instant, chef. On devrait ? s’inquiéta Lu.

   - Difficile à savoir… Des rumeurs : on les aurait entendu beugler des horreurs près du village résidentiel des cadres. Les vigiles ont cru devoir alerter la brigade.

   - Oui, dit Momo, on a eu droit aussi à leur répertoire. De grandes gueules, pas mauvais bougres pour autant.

    -  Allez savoir, dit l’inspecteur. Ils n’ont pourtant pas à se plaindre : on a connu plus malheureux…

   - De fait, oui !... Plutôt solides et bien nourris. Avec ça, d’un naturel rieur… Plus le bon air de la campagne, persifla Lu.

   L’autre le soupesa :

   - Ça chante et ça sifflote une partie de la sainte journée. On sait comment ça peut se terminer : un jour, sans prévenir, ça file tout casser devant la préfecture.

   - Si tout le mal s’arrête là, tempéra Lu, soudain repris par des images douloureuses.

   L’autre se rembrunit.

   - Enfin, hésita-t-il, la Compagnie compte sur vous si vous notez du changement. Ne négligez aucun détail.

   Et sur un ton presque amical :

   - Encore une belle journée qui s’annonce. Vous allez pouvoir avancer.

   Il lui tardait de retrouver la climatisation de sa voiture. Momo et Lu le regardèrent partir :

   - S’ils veulent des mouchards, ils n’ont qu’à les payer, ronchonna Lu, avant de cracher dédaigneusement loin de lui. 

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 00:15

 

2

 

   Dans la baraque de chantier, les bermudas commençaient de sécher à grand peine près d’un réchaud à gaz. Le parfum ample et poivré de la menthe, s’échappant d’une casserole noircie, avait empli le maigre espace qu’éclairait pauvrement une ampoule crasseuse. Un transistor crachotait dans un coin des airs de raï. Momo et Lu, accoudés face à face à une table de camping encore encombrée des ustensiles du repas, avaient enfilé djellaba et babouches et s’abandonnaient à leur lassitude commune devant deux verres de thé fumant.

   - J’en roule une ? demanda Momo.

   - Chouïa, dit Lu. L’inspecteur sera là tôt demain matin. Je vais faire quelques pas dehors.

   Depuis plusieurs nuits, une chaleur poisseuse ne quittait plus la terre. Il leva, en marchant, les yeux vers les étoiles et eut la sensation d’être happé lentement par leur balancement : là-haut, l’air devait avoir la sécheresse du bled. Bientôt, un bout de cigarette vint rougeoyer à son côté. En soufflant sa fumée, Momo lâcha :

   - Cesse d’interroger le ciel, mon frère, le ciel nous a abandonnés… Allez, goûte plutôt ça, c’est de la bonne.

   Lu aspira une longue bouffée, roulant profondément la lourde fumée âcre :

   - Il y a plus de choses dans cette taffe-là que n’en rêve toute votre philosophie, Horatio, hoqueta-t-il dans une quinte qui le laissa au bord des larmes… Ouf ! Oh là là, ça ramone.

   - Je vois qu’Hamlet retrouve le bon sens quand il se glisse dans la peau de moricaud d’Othello, ironisa Momo en lui flanquant de rudes claques dans le dos.

   - Assez, Momo, tu connais plus ta force ; bon dieu, tu as drôlement ramassé du biceps !

   - Eh oui, vieux Lu, un intellectuel complet, c’est ça : la tête et le muscle. Tu crois que la patrie des droits de l’homme nous aurait fait l’aumône de son sol sans le total des qualités ?… J’y ai peut-être droit aussi ? s’inquiéta-t-il, comme le bout incandescent se ravivait.

   Ils s’assirent côte à côte. Pour un moment, seuls le crépitement léger de la cigarette qu’ils se passaient et la stridulation entêtée des grillons peuplèrent la nuit.

   - Cette foutue peur me colle toujours au ventre, Momo, même si ce n’est plus pour moi, mais pour tous ceux qui sont restés là-bas.

   - Ta peur est un apitoiement stérile, mon pauvre Lu. Ils ont bien plus de courage que nous et davantage de convictions.

   Lu détestait ce ton sentencieux, chez Momo plus que chez quiconque. Sans desserrer les dents, il repoussa du coude la tape amicale que lui destinait son compère.

   Momo s’était habitué à ces moments de rumination. Il finit posément de tirer sur le joint qui lui brûlait le bout des doigts.

   - Je rentre me coucher, se força-t-il aimablement à dire. J’en avais préparé un deuxième, je te le laisse ?

   - Hem, hem, consentit Lu.

   - Tu as du feu? insista Momo.

   En réponse, Lu agita sa boîte d’allumettes… Eh, vieux ?

   - Quoi ? s’agaça Momo.

   - Merci, à demain.

   Étendu maintenant, un bras replié sous la nuque, il se laissa gagner par la sérénité du ciel, que traversaient de part en part des étoiles filantes, et par l’indifférence qui sourdait de ses profondeurs ténébreuses. Son accès de hargne s’assourdissait ; son estomac se dénouait. Des visions fugaces de sang et de mort accompagnèrent encore ses dernières bouffées de fumée, mais sa honte d’homme lui redevenait tolérable. Enveloppé par la tranquille et ample respiration de la nuit, il s’endormit comme un bébé et il n’y eut qu’un vol bruyant de muezzins, lâchant sur lui leurs fientes molles, pour perturber beaucoup plus tard ses rêves.

 

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 11:25

C'est la dernière ligne droite...

Dimanche prochain, les vacances de Pâques seront closes. Profitez-en !

vacances-de-paques.jpg

 

Le premier arrivé laissera sa place et sa croix à Notre Seigneur Niko Sarcouille.

 

C'est tout de même incroyable que ses prochaines grandes vacances ne figurent sur aucun calendrier (à ma connaissance, hein ! et je ne suis pas omniscient). À croire que tous les calendriers sont de droite !

Par Géhèm - Publié dans : Géhèm en vrac - Communauté : les cafards associés
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 15:15

 

PREMIÈRE PARTIE

 

1

 

   De gais laboureurs venaient en chantant, l’outil sur l’épaule et en rangs par trois. Une épaisse chenille de poussière ocre montait derrière eux, avant de s’incurver mollement dans l’air brûlant où elle tardait à s’effilocher.

   - Réintroduire des laboureurs ! On ne sait plus quoi inventer pour occuper les gens, grommela Lu. Après les loups dans les alpages, je te demande un peu, Momo ! Ça mènera pas loin cette affaire-là.

   Momo et Lu étaient employés depuis cinq semaines à la Compagnie Privée des Cantonniers du Sud et en portaient le bermuda réglementaire orange. On leur avait confié d’entrée les tâches ingrates que les autres refusaient de faire. Sur cette vaste étendue de campagne déshéritée, la Direction n’allait pas gaspiller ses élites, pas plus qu’elle n’aurait envisagé de déployer sa trop gourmande armada mécanique. Le programme engagé allait permettre pour longtemps de les maintenir à l’écart de tous. Ils n’en souffraient pas. Au contraire. Du matin au soir ils travaillaient avec application ; leur rendement était excellent et leurs collègues, à l’abri du mauvais exemple, n’en tiraient pas de jalousie.

   Après dix heures d’une besogne sans relâche, leurs torses nus luisaient comme deux gouttes d’huile. En s’évaporant, leur sueur avait fini par condenser au-dessus de leurs têtes un épais nuage aigre, d’un blanc jaunâtre peu plaisant.

   - Écoute ça, dit Lu. C’est pas pour que tu me donnes raison, mais écoute donc !

   Momo s’arrêta de piocher. C’est vrai que sans le claquement du pic tout entrait mieux dans les oreilles. Il s’absorba dans l’écoute du chant vigoureux qui lui parvenait. Manquaient vraiment que les flonflons :

 

   …La Nation nous prend pour des bûches

   Sûr qu’on est pas des danseurs de tango

   Mais faut bien que la Nation biche

   Qu’on est pas nés pour être ses gogos.

 

   Chair à canon en temps de guerre

   Viande à pognon quand vient la paix

   La jeunesse l’a plus qu’amère

   Qu’on s’acharne à tondre sa paie.

 

   Si nos vieux ont filé au pas

   C’est pas l’État qui nous fera

   Longtemps singer les majorettes

   Pour nous cloquer des clopinettes.

 

   Tous ces vachards qui nous gouvernent

   Nous sucent l’os, nous anémient

   Qu’ils mettent leur aplomb en berne

   Ils ont pondu leurs ennemis.

 

   Rentiers, tremblez pour vos cassettes

   Patrons, pissez dans vos chaussettes

   Élus, chocottez pour vos têtes

   On ne saigne pas que les bêtes.

 

     Mar-chons, mar-chons

    Un-pan-de mur

    A-ttend-tous ces morpions

    Pan ! Pan ! Pan ! Pan !

 

  - Édifiant ! soupira Lu.

   - La fin est entraînante, ironisa Momo. La Marseillaise en promet guère plus… Dans un stade, cela doit faire de solides supporters !

    - Rigole pas, Momo. Je crois pas qu’on porte le bon maillot.

   - Quel maillot, Lu ? T’as peur qu’ils nous prennent pour des pédégés ?

   - Pire, Momo, pour ce qu’on est : deux bougnoules laborieux. Contre les autres ils ont que leur gueule ; nous, ils nous ont à portée de poings.

   - Eh ! qu’est-ce que tu délires, Lu ? On est comme eux et on leur prend rien. Ça leur apporterait quoi de nous chercher des poux ?

   - Ce qui leur manque le plus, Momo. Leur petite part de puissance.

   - Hum ! Hum ! C’est drôle ce que t’es pas con pour un bougnoule, Lu. On met les voiles ?

   - Ça ira pour cette fois, dit Lu. Z’ont l’air d’être plutôt de bonne.

   - En effet, z’ont l’humeur badine, ricana Momo.

   La belle troupe musculeuse avait entonné, en se rapprochant, une rengaine pleine de tact :

 

   Lundi, des pastèques

   Mardi, des pastèques

   Mercredi, des pastèques aussi...

    

  Momo et Lu saluèrent cet hommage d’un sourire de bon aloi. Un grand blond rougeaud, hilare, l’œil pétillant de subtilité, qui braillait à contretemps Jeudi, des pastèques…, lança en arrivant à leur hauteur :

   - Alors, les melons on bronze ?

   - C’est déjà fait, répondit Momo. Maintenant on mûrit, les gars !

   - Super, les troncs de figue ! Vous avez la météo qu’il faut. On revient vous cueillir demain.

   Le rire de Lu écorcha Momo et lui fit plus mal que l’enthousiasme de ces abrutis : c’est pas humain, pensa-t-il, que ce pauvre Lu s’humilie ainsi. Moi, passe encore, j’ai quasiment que mes mains ; cinq ans de paléographie ça fait pitié, à notre époque. Mais lui, ingénieur, architecte et sociologue…

   - …C’est pas humain ce qu’on endure là, conclut-il à l’intention de Lu.

   - C’est quoi alors ? marmonna Lu. De la mécanique quantique ?

   Les autres ne s’en souciaient plus. Ils avaient forcé la cadence et entamaient une nouvelle ritournelle :

 

   Y a trop de vioques assis sur notre artiche

   Trop de fossiles incrustés dans nos vies

   Y a trop de schnocks qui nous brisent les miches

   Trop de vieillards qui nous flanquent au rancart

   Scions, scions les cannes des viocards

   Et que la mort se rassasie.

 

  Le nuage avait pris une très sale allure et dégageait une odeur rance tout à fait écœurante.

   - On échappera pas à la sauce, grogna Momo en se pinçant le nez.

   Le nuage n’attendait que ça, on aurait dit. Il creva d’un coup et les trempa comme des rats.

 

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 15:10

Il n'y a pas si longtemps, certains m'ont gentiment manifesté leur sollicitude après avoir lu que j'avais en ce moment plutôt la tête en MIETTES.

Rien n'a changé, mais qu'ils se rassurent ! il ne s'agit que de l'écriture d'un roman, déjà largement en forme, qui avance à mon train de sécateur (je coupe beaucoup) et m'occupera une partie de l'esprit pour encore un gros bout de temps.

 

Ce que j'ai à en dire ? À peu près rien.

 

Un titre :

 

LES MIETTES DE LA NUIT

 

L'exergue :

 

Être lucide, c'est difficile.

Tout homme raisonnable l'évite autant qu'il peut.

Bertolt Brecht. Dialogues d'exilés.

 

 

Si le coeur vous en dit, je vous en ferai découvrir quelques morceaux finis. Ce sera au gré de mes envies.

Bon prince, je commencerai quand même par la première partie et le premier chapitre...

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés