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UN BLOG DE VIEUX

... QUI DECOIFFE LES CHAUVES. 

 

Mais que trouverez-vous dans ce Blog ?
De l'humour, de l'humour et encore de l'humour. Désolé ! C'est tout ce que je peux faire pour vous :
Des dessins de fainéant : ...je dis ça aussi parce qu'ils m'évitent de longs discours (je suis assez elliptique comme garçon !) 

Des passe-temps (Moi qui n'aurais pas le mauvais esprit de mettre mes semblables en boîte, il ne me déplaît pas de les mettre en sablier. Ce sont de ces idées qui traversent la tête, le temps de se faire cuire un oeuf à la coque. A votre place, je n'en conclurais pas trop vite que le sablier est un passe-temps innocent.),
Des rébus drolatiques pour vous dégourdir les neurones,
Géhèm à lire : des textes courts, des mots, des amuse-gueule quoi ! Rien qui s'élève exagérément au-dessus du coude, rassurez-vous !

Des gens (et même des z'animaux !) qui, bien sûr, ne ressemblent qu'aux autres.

...Et tout ce qui viendra au gré de mes humeurs, de l'actualité, que sais-je ? ...Vous verrez bien ! 

 

Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 00:06

Demandez le programme !

 

La Villette, La polka du roi, Et le reste, Boum.

 

Bon, La Villette, tu as déjà eu. Ne perdons pas de temps :

 

 

Allez, trois petites variantes pour la route, ce sera tout pour aujourd'hui :

 

 

 

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 00:05

 

25

 

   Marie-Claude passait les voir toutes les fins d’après-midi. On avait sérieusement progressé. Les fracs prêts, d’une coupe impeccable, à faire pâlir un tailleur de métier ! Dans l’armoire, pendus à leurs cintres, ils apportaient un ce ces chics ! Sur eux, c’est simple, ils ne se lassaient pas d’en admirer le tombé ! Ils avaient un tantinet renâclé à accepter le maquillage, le mascara surtout que Lu référençait au rayon pédale et jaquette. Que nenni, s’était insurgée persuasivement Marie-Claude, cela donnait à leur regard le velouté qui envoûte les femmes ! Le fait est qu’aujourd’hui ils étaient mieux que familiarisés avec leurs yeux de gazelles et qu’ils en soupesaient voluptueusement les ravages à venir. Nœud pap au cou, le frac sur le dos, le zèbre apprivoisé, il n’y avait plus rien à peaufiner de ce côté. Le résultat pouvait se lire dans les rosissements qui par moments envahissaient les joues de la môme.

   Versant spectacle, on en était à l’ajustement de détails. La valse-hésitation des choix, les réticences et les balbutiements paraissaient loin derrière. Quatre titres au programme, maintenant regroupés et ordonnés sur une seule cassette : on était au cœur du sujet, sans occasion de dispersion. La qualité du son irréprochable : Marie-Claude avait tenu sa promesse. Et, top du top ! un CD attendait dans sa boîte les trois ultimes répétitions qui auraient lieu au Shehrazade.

   Jusqu’aux dernières lueurs du jour, le lecteur crachait à plein tube La Villette, La polka du roi, Et le reste, et Boum qui devait assurer le final. Arletty, Trenet, Arletty, Trenet.

   - Pouce! implora Marie-Claude, j’ai besoin de faire une pause. Je suis vannée, mes bébés !

   - Si on pliait boutique pour aujourd’hui ? suggéra Momo. À chaque jour suffit sa peine.

   - On peut s’offrir ça sans souci, admit-elle volontiers.

   - C’est bien aussi quand ça s’arrête, reconnut Lu, je suis pas loin d’être au bout du rouleau. Je nous fais un thé à la menthe ?

   - On va finir par ressembler à une vraie famille ! s’égaya Marie-Claude.

   - Pas de cette horreur ! se récria Lu.

   - Non merci ! renchérit Momo. Ni Dieu, ni maître, ni patrie, ni famille !

   - Ah, putain ! et surtout ni mère ni femme, ponctua Lu.

   - Heu, Lu ! une cigarette qui fait rire, ce serait possible ? hasarda Marie-Claude.

   - S’il te plaît, Lu ! exigea-t-il, sinon je rends mon tablier à madame. C’est qui ici les vedettes ?

   - Pôpôpô ! Djis, mon cher, pince-moi ! Tu serais pas en train de virer cabot, toi ?

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 00:05

 

24

 

   L’inspecteur avait pris machinalement la route du chantier. Il y avait pas mal de jours qu’il n’avait pas remis le nez là-bas ; pas mal de jours aussi qu’il n’arrivait plus à mettre la main sur Candi. Marina le boudait. Sa femme continuait à l’emmerder. Le directeur du personnel venait de lui tenir la jambe plus de deux heures pour lui parler essentiellement de sa partie de golf d’avant-hier : un au-dessous du par, qu’il avait fait ! Une information bouleversante, Ducon ; j’espère que tu as bien rapporté la baballe ! Le même genre d’intelligence inutile que l’autre bougnoule ! On gagnerait à les faire travailler en équipe, l’Arabe pour creuser et le dirlo pour reboucher !

   Il réfléchit : qu’avait-il à fiche de si important dans le coin ? Rien. Sa dernière visite s’était achevée dans un climat d’insinuations déplaisantes et, pour tout avouer, parfaitement inexplicables ; ça ne lui disait rien de s’y exposer à nouveau.

   Un campagnol fila devant les roues de la voiture avant de disparaître dans la caillasse du bas-côté… 15 contre 1 qu’il s’était planqué près du bord ! L’inspecteur se gara quelques mètres plus loin et revint à l’endroit supposé, sur la pointe des pieds. Là ! à genoux, tout doucement, tout doux ! Il souleva la dalle d’un mouvement vif : Gagné ! La bestiole poussa une série de couinements plaintifs et se tassa sur elle-même, tétanisée par la frayeur.

   - Mais c’est que t’es toute jolie, toi ! Allez, n’aie pas peur !...  Sauve-toi petite couillonne !

   Elle leva sa mignonne tête vers lui.

   - Frout… frouttt ! sinon…

 

   Une souris verte

   Qui courait dans l’herbe

   Je l’attrape par la queue

   Je la montre à ces messieurs…

 

   Elle devait connaître la musique… À Ces messieurs me disent trempez-la dans l’huile, elle ne demanda pas son reste.

   Il s’était appuyé sur les mains pour vérifier de plus près le turbin de la colonie de fourmis qui s’activait où il avait tiré la pierre. Ça, c’était vraiment du boulot d’équipe ! et ça marnait ferme.

   Trois bétaillères ralentirent à sa hauteur pour voir s’il y avait un service à lui rendre. La cargaison chantait à pleins poumons :

 

   À la pêche aux moules moules moules

   Je n’veux plus aller maman

   Les gens de la ville ville ville

   Ont pris mon panier maman…

 

   Il fit signe que tout roulait, heureux de constater qu’il existait encore des valeurs bien vivaces et que les vertus du grand air et de la discipline avaient déjà modifié fort positivement l’esprit de cette belle troupe.

   Il s’absorba rêveusement dans la suite de ses réflexions : la vie était d’une diversité étonnante ! 

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 06:30

Et pourquoi je t'aurais fait poireauter jusqu'à demain pour l'intermède musical ? Je te le demande, hein !

Je le sens bien que tu as besoin d'un peu de bonne humeur... 

 

Et tu vas voir qu'ils vont se mettre à gambiller jusqu'au paradis terrestre corrézien ! Je leur ai choisi une vidéo sur youyouyouyouyoutube :

 

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 00:05

 

23

 

   - Ce n’est que le bâti, expliqua Marie-Claude. Je vais te relâcher un peu de tissu dans le dos pour donner de l’aisance aux épaules ; par contre, je crois qu’on gagnerait à ajuster légèrement la taille. Regarde-toi : tu en penses quoi ?

   La môme avait tous les talents et son motor-home tous les atouts. Il suffisait de tirer deux rideaux au long du pieu et à sa tête, et hop ! on se découvrait sous deux angles dans un placage de miroir : un vrai atelier de couturière, pas moins !

   - Ouais, ouais ! fit Momo, en se mirant sous toutes les coutures… Et toi, Lu, comment tu me trouves ?

   - Narcissique, mon pauvre ami, c’en est indécent !

   - Hé ! Oh ! en sourdine les enfantillages ! Vous commencez à me gonfler, les agneaux !… Bon, Lu, je vais pas poireauter jusqu’à demain : ou je te retouche ça tout de suite ou tu iras te faire habiller chez Plumeau !

   Momo se retira à l’autre bout, vexé : lui narcissique ? Quel toupet ! Peut-être un peu accaparé par le souci de sa prestance toute neuve, et alors ? Ce n’était pas le moindre des égards qu’ils devaient, l’un et l’autre, à leur futur public féminin ? Il s’enfonça les écouteurs sur les oreilles.

   - Oh, merde, ce que ça peut décidément gratter ! leur fit-il savoir sans tarder.

   - Qu’est-ce qui gratte ? s’énerva Marie-Claude. Les épingles peuvent piquer, mais une étoffe de cette qualité ça gratte pas, monsieur Je-suis-jamais-content ! D’ailleurs, qu’est-ce que tu fous encore avec ça sur le dos ? Ton essayage est terminé.

   - Ce qui gratte, c’est Arletty ! précisa Momo.

   - Là pour le coup, désolée, mon biquet ! Je tenterai de trouver mieux dès qu’on aura arrêté notre choix.

   - Ça fait quand même kitsch de chez kitch ! se permit-il de rajouter étourdiment. On pourrait pas…

   - Tu as décidé de nous emmerder jusqu’au bout, c’est ça ? Le kitsch c’est la vie, petit intello de mes deux ! Oust ! Du balai ! Débarrasse-moi le plancher ! J’aimerais bien pouvoir finir Lucien tranquille !

   - N’oublie pas de lui faire une petite gâterie pour le finir !

   - Ce serait pas une mauvaise idée, dit Lu.

   - Toi, boucle-la, à moins que tu veuilles tester mon savoir-faire sadomaso ? Un taré sur deux ça suffit !

   Momo n’avait pas lambiné pour se défaire de son frac, après avoir évité de justesse la pelote à épingles qu’elle lui avait balancée à la tête, et avait prudemment battu en retraite dehors. …Oula ! c’était la vie, la vraie, à nouveau là complète, avec sa charge de passé qui remontait du fond du couscoussier ! La tyrannie de la femelle et les objets qui volent : comme là-bas, comme avec maman ! Lui, comme un chien dans un jeu de quilles, pareillement ! On n’y échappait pas ! Et qu’est-ce que tu croyais, mon coco ? On répète à perpette ce qu’on sait le moins de soi-même et, indéfiniment ce sont les mêmes conséquences qu’on provoque ; on croit, à chaque fois, avoir trouvé un coin d’enfance vierge à partir duquel rebondir, et ça juste parce qu’on avait oublié les étrons qui l’encombrent ! C’était d’ailleurs passablement amusant qu’il se tienne in petto ce type de réflexions-là, car on pouvait pas vraiment dire qu’en la matière il se soit souvent bercé d’illusions. Il lui restait à se draper dans sa dignité offensée… Pour se draper, il observa qu’il n’avait que son bermuda sur les fesses : ça n’aidait pas !

   …

   La Villette ! La Villette… Il poussa le son du walkman pour se laisser envelopper par l’introduction musicale. Ah, la vache ! c’était pas faux ce que disait la môme au sujet du kitsch, il fallait lui accorder ça. La voix acidulée d’Arletty, ses intonations faubouriennes, entraient déjà dans ses pensées avec les tressautements chaloupés de l’accordéon, avant d’être dans ses oreilles. D’où venait, sinon d’un écho dont il devait chercher l’origine en lui-même, qu’un rythme de java des années 30 lui aurait tiré des larmes de veau ?

   Il pouvait se presser le citron ! Ce n’était, bien sûr, pas dans les seuls glissements et virevoltes de la ritournelle ; pas plus, du reste, dans ce folklore de trottoir ou dans l’atmosphère d’un Paris évaporé depuis longtemps : tout ça était, rapporté à ses horizons personnels, à proprement parler, préhistorique et totalement exotique. Les émotions que remuait cette rengaine à gambiller dans les bastringues dépassaient la particularité de chacun, elles étaient le lot commun, ce qui constituait le lien essentiel de l’espèce. Par force, on se sentait moins seul,… pas pour autant en bonne compagnie !

 

   C’est tout près d’Pantin

   Chez les purotins

   Parmi les catins

   Et le pur gratin

   Des pierreuses…

 

   Pampalan-palan-pampalan-palan…

   La petite n’était pas une truffe ! De fait, y’avait ce qu’il fallait pour mettre des fourmis dans les gambettes… laa-laa-lèèère… Il se mit à tourner comme un derviche de Bal à Jo, en chantonnant par-dessus la voix d’Arletty :

 

   La Villette

   La Villette

   C’est l’coin des garnos

   Y a pas d’aristos

   Des guinguettes

   Des musettes

   Et des p’tits bistrots

   Où l’on boit du gros

   On n’y joue pas du violon

   Tout comme dans les salons

   Oui mais d’l’accordéon

   C’est bien plus chouette

   Et on y danse la java

   Bien serrée dans les bras

   D’un p’tit homme bien à soi

   À la Villêêêê-te…

 

   - Un-deux-trois ! Un-deux-trois ! Un-deux-trois ! Chapeau ! Bravo ! Hop, hop, hop ! Épatant! Oh, le joli marlou que tu fais là! Tu peux être super quand tu veux, bourricot ! s’enthousiasma Marie-Claude.

   -  Youyouyouyouyou ! ironisa Lu sobrement.

   Visiblement, l’incident était clos. Ils s’encadraient, l’un contre l’autre, dans l’ouverture de la portière, exhibant des sourires de parents rassurés. Pourvu qu’ils ne se mettent pas en tête d’aller lui faire un petit frère ! s’amusa Momo. 

Par Géhèm - Publié dans : LES MIETTES DE LA NUIT - Communauté : les cafards associés
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