1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 06:00
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(La ballade des cimetières)

Lundi 1 novembre. FÊTE NATIONALE DES MORTS
    Il ne faut pas espérer changer les morts, cela se vérifie facilement de leur vivant. Penser à changer l’eau des fleurs. Soirée idéale pour commencer à écrire dans le calme : le motif m’échappe, mais il semble qu’on ait renoncé à tirer le feu d’artifice.

GENÈSE

 

Le premier jour : Dieu créa les cieux et la terre dans l’obscurité. C’était à la fois très humide et incommode ; il eut, après seulement, l’idée de créer la lumière et il trouva que c’était pratique. La journée avait été rude, alors il fit revenir les ténèbres qu’il appela nuit et il alla se coucher.

 

Le deuxième jour : Dieu s’avisa, dès le petit matin, qu’il y avait de l’eau partout, sur la terre mais aussi dans les cieux, et il créa une étendue entre les deux qu’il appela ciel. C’est tout ce qu’il eut le temps de faire ce jour-là avant la tombée de la nuit.

 

Le troisième jour : Dieu, qui en avait assez d’avoir les pieds dans l’eau, décida de créer le sec. Il appela le sec terre (j’ai repéré les mauvais esprits qui ont entendu sectaire et en tirent déjà des conclusions pour l’avenir) et il appela la masse des eaux mers (j’ai toujours à l’œil les mêmes iconoclastes qui prétendront qu’Homère c’est de la mythologie). Il vit que cela était bon et il s’endormit avec la satisfaction du travail bien fait.

 

Le quatrième jour : Dieu pensa que ce serait bon d’installer des luminaires dans le ciel, un grand pour le jour et un plus petit pour la nuit, et il se dit aussi que ce serait joli, la nuit, de parsemer le ciel de luminaires encore plus petits. Il créa donc le soleil, la lune et les étoiles, et il vit que cela était bon. Il passa le reste de la journée à lézarder au soleil et, ce jour-là, il se coucha très tard car il voulut vérifier l’effet que rendait pendant la nuit l’ensemble de ses luminaires. Il vit que c’était réussi, il en fut heureux et il s’endormit avec des étoiles plein la tête.

 

Le cinquième jour : Dieu, toujours sous le charme de son inspiration de la veille, se dit qu’il pouvait faire encore mieux. Il créa les poissons, tous les animaux aquatiques et les oiseaux, et il jugea qu’effectivement cela prenait bonne tournure. Ce n’est pas lui qui aurait eu l’idée de faire de ce vendredi le jour du poisson : il avait aussi créé les oiseaux, ce n’était pas pour se priver. Il mangea de tout de bon appétit et il alla se coucher repu.

 

Le sixième jour : Dieu, à qui il ne restait qu’à peupler les terres, créa les animaux selon leur espèce, le bétail et tous les reptiles. Il trouva que ce n’était pas mal mais que ce serait plus agréable d’avoir quelqu’un qui puisse régir tout ça. Il créa donc un homme à son image. C’était parfait, ou presque, car il avait oublié la femme. C’était la première fois qu’il faisait preuve d’étourderie. Qu’à cela ne tienne, il prit une côte à l’homme et à partir d’elle créa la femme : en toute bonne foi, il venait de commettre la vraie bavure originelle. Comment aurait-il pu imaginer que l’homme, dans sa stupidité, tirerait de cette bévue le sentiment qu’il était fait pour occuper, en tous domaines, la première place, et que la femme devrait en supporter les conséquences ? Il ne le pouvait certes pas puisque, ayant créé l’homme à son image, c’eût été admettre qu’il était lui-même un peu limité. Cela ne fait rien, il trouva que la femme était gironde, que les deux faisaient un beau couple, et que c’était bien l’essentiel. Alors, il se présenta à eux et fut heureux qu’ils lui reconnaissent un air de famille. Ils firent ensemble le tour du propriétaire. L’homme et Dieu s’entendirent très bien, la femme en parut agacée. Elle n’avait d’yeux que pour son homme, Dieu ne s’en offusqua pas ; il jugea que c’était dans l’ordre des choses, il leur adressa un clin d’œil complice et il les laissa pour qu’ils fassent ce qu’ils avaient envie de faire. Cette nuit-là, il fit lui-même de nombreux rêves érotiques.

 

Le septième jour : Dieu passa en revue tout ce qu’il avait fait dans la semaine et il s’accorda un satisfecit. Il était fatigué mais ça valait la peine, et il partit se reposer à la campagne. L’homme et la femme, en se réveillant, lui rendirent grâce de les avoir créés. Ils avaient découvert pendant la nuit tout ce qu’ils pouvaient faire ensemble et ça leur avait beaucoup plu. C’était, pour eux, le premier jour entier dont ils allaient avoir la liberté de disposer, c’était en outre un dimanche, ils en conclurent qu’ils débutaient sous de bons auspices et, comme ils étaient jeunes, séduisants et nus, ils en profitèrent pour recommencer. Ainsi passèrent-ils la journée à mettre au point plusieurs nouvelles positions et, la soirée venue, ils en avaient oublié Dieu.

 

 

   Voilà où nous en sommes aujourd’hui : beaucoup de temps a passé, Adam est chauve depuis longtemps et accumule les pannes d’érection, Ève s’est rabattue sur les sex toys. L’homme s’accroche à ses prérogatives, la femme rogne difficilement son retard, les uns et les autres sont devenus très irritables, seul Dieu, en cette fin d’après-midi, est d’excellente humeur. Il vient de découvrir les cimetières en fleurs.

   Tiens, se dit-il gaiement, le printemps est venu bien tôt.

   Il n’avait pas de calendrier sur lui, comment aurait-il pu savoir que c’est jour de Toussaint ? En s’en apercevant, il prend la mouche. C’est qu’avec l’accumulation des millénaires ses étourderies répétées l’ont rendu un peu soupe au lait.

   Après tout, maugrée-t-il, qui pourrait me prouver que les hommes existent ?

 

                                                                                                                                                                © Géhèm

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 05:00

Vous avez samedi et dimanche devant vous pour vous exercer, ce n'est pas trop !

 

 

Il est important de savoir correspondre : relations avec les administrations, les amis, la famille, simples affaires entre particuliers, et j’en passe, les occasions de s’en persuader ne manquent pas. Dans toutes les circonstances de la vie, un échange de courrier est souvent plus utile qu’une conversation. Il s’impose toujours pour régler une situation litigieuse.

Comment s’y prendre ? Rien ne vaut un exemple. Si nous avons le choix entre mille cas de figure, en voici un que j’ai choisi tant pour sa portée générale que pour l’usage traditionnel qu’il fait des formules de politesse :

 

Monsieur,

J’aimerais savoir pour quelles raisons vous avez procédé à une taille très sévère de la haie de thuyas qui borde ma propriété au sud sans m’en avertir et sans me demander mon autorisation.

Je trouve cette manière de faire curieuse, déplacée et malveillante.

Mon épouse et moi-même sommes facilement joignables tous les soirs de la semaine, et très fréquemment le samedi.

Dans l’attente, veuillez croire en mes sentiments mitigés.

 

                                                                                                                                      Jean-Luc Mamère

 

Notre réplique va de soi : 

Monsieur Jean-Cul Mamère
E.V.

Monsieur, 

Si vous devez relever dans ma réponse une quelconque incorrection, pardonnez-m’en : je suis très couramment sujet aux lapsus calami. Mais, peut-être gagnerez-vous à m’indiquer s’il convient de prononcer le "l" de votre prénom ou s’il faut le garder muet. Je vous assure, sur ce point, de ma totale discrétion.

Ce n’est sans doute qu’anecdote, mais je vous précise que j’ai taillé la haie de thuyas à laquelle vous faites allusion – et ce, en termes fort désobligeants – parce que vous avez négligé de le faire vous-même depuis plus de quatre ans et que ses proportions m’étaient devenues intolérables.

Pour le reste, je vous prie de me considérer définitivement comme le plus mal embouché de vos voisins. Nous y gagnerons tous les deux un temps qui serait inutilement perdu en amabilités.

 

Voilà c’est simple, essentiel, donc efficace. Ne vous égarez pas dans des digressions qui incommoderaient à coup sûr votre interlocuteur. (À titre d’exercice, entraînez-vous avec les prénoms dont vous avez l’usage le plus fréquent. Paterne, Médard, Fulbert, Nicodème sont, entre autres, recommandés. Je ne puis naturellement être exhaustif.)

 

L’amour est un autre domaine dans lequel écrire est de rigueur. Une lettre d’amour se lit et se relit, c’est la part de vous-même que l’être aimé pourra garder sur lui.

En cette matière il n’est pas concevable d’épuiser les aspects qui concernent le fond, nous ne nous attacherons qu’à la forme, avec pour principe qu’un rapide dessin vaut mieux qu’un long discours :

 

 

correspondance-1.jpg 

 

Recevez l'assurance de mes sentiments distingués.

P.S. : Pour parfaire son style, rien ne remplace une pratique assidue.

 

Géhèm 

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 05:00
link (La puce-Colette Renard)

 

Mes bien chères soeurs,

En ce 30ème dimanche du Temps ordinaire, que diriez-vous d'aller vagabonder par vos et par mon ?

Je me sens d'humeur folâtre.

J'ai, comme qui dirait, la plume au vent.

 

 

L’ANGE ET LUCE

 

C’est émouvant de voir

À quoi l’amour de Dieu entraîne :

La douce Luce,

Ange gardien du presbytère,

Dont on m’a dit

Qu’avant d’épouser Jésus-Christ

Elle n’était aucunement gourmande,

S’est mise à faire, les jours de fête,

Des pets-de-nonne

Et, pour l’abbé

Dont le vin de messe péchait

Par la faiblesse de son bouquet,

Fait, depuis quatre ans,

Des vents d’ange

En Beaujolais.

Que voulez-vous de plus

Que puisse Luce y faire ?

Sonner les cloches ?

 

Géhèm

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 05:00

 gourmandise

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 06:20

C'était le 9 octobre 1981.

Voilà ce qui, hier, m'aura permis d'ingurgiter ma tête de veau sans sourciller. 

 

L'aimable Marcel Chevalier, exécuteur en chef, mis à la retraite anticipée. L'excellent homme avait fait assister son fils cadet à ses deux dernières exécutions pour le former: je conçois sans peine la frustration d'un père privé de successeur.

La guillotine * mise au rancart. Et où cela, savez-vous ? Au Musée national des arts et traditions populaires (Lol ! comme on dit chez les esthètes de la langue quand c'est vraiment trop drôle).

 

guillotine.jpg

 

J'ai beau ne pas être exagérément sujet aux migraines, c'est bien la seule décision politique de ces dernières décennies à laquelle j'adhère sans restriction. Mais on est dans un espace de libre expression, pas vrai ? Je sais donner une place aux nostalgiques : 

   

peine-de-mort.jpg

 

Et je ne voudrais pas donner l'impression de forcer le trait, mais avez-vous noté que nous célébrons la Saint-Denis aujourd'hui ?

 

Un petit tour ici ? C'est vous qui voyez ! 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 07:30

labomancie.jpg

 

Et pourquoi que c'est la journée mondiale des animaux (comme on dit communément sur les blogs où on sait de quoi qu'on cause) ?

 

Parce que c'est la Saint-François d'Assise, té !

 

Tu as encore soif de culture ? Clique ici !

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 05:00
link (Les passantes)

Mercredi 29 septembre. SAINT MICHEL
    Paris, 17 heures : un archange passe boulevard Saint-Michel. Je l’attrape par la queue, je le montre à ces messieurs, ces messieurs me disent… 
                            Aux indéracinables légumes secs et autres ineffables singularités potagères qui peuplent le Sénat.

 

BRUITS

 

À Sèvres-Babylone comme à Saint-Paul,

De Saint-Sulpice aux Tuileries ou à Vaneau,

De bouche en bouche, de rive en rive,

Paris, en hoquetant, vomit sa vie

Dans le métro et abandonne,

Collés aux murs des couloirs et des quais,

Des pauvres gens qui nous ressemblent

Et qu’on s’attarde moins à regarder

Que les affiches.

À Cluny-La Sorbonne, un après-midi gris,

J’ai pris le temps d’entendre

Une femme à la beauté triste

Qui se rappelait avoir eu dans la tête

Des papillons.

C’était, m’a-t-elle dit, un murmure soyeux,

Un bruissement constant d’ailes fragiles

Et diaprées,

Une musique singulière, aux tons feutrés,

Qui l’enivrait et attirait plus sûrement les hommes

Que ne l’eût fait le chant d’une sirène.

Ce fut longtemps un tourbillon léger

D’amants insouciants, une incessante fête,

Jusqu’à l’amer amour, l’amour fatal

Qu’elle connut avec un militaire

Dont la passion unique et taciturne

N’était pourtant que d’épingler les papillons.

La malheureuse, je n’ai pas supporté sa peine

Tant les grelots multicolores

Qu’elle a maintenant dans la tête

Font un tintamarre effrayant.

Alors j’ai quitté la station

Et j’ai marché, le nez au ciel,

Suivant le boulevard Saint-Michel

Jusqu’au jardin du Luxembourg

Où se promènent, quand l’air est doux, les sénateurs.

Au moins, ce n’est pas sous le crâne d’un sénateur

Qu’on trouve des horreurs semblables.

Et mon cœur d’enfant a frémi

Quand sont venues à mes oreilles

Les notes gaies et aigrelettes

D’un limonaire.

 

Géhèm

 

 

En savoir un peu plus sur nos amis les sénateurs ?

C'est ici. 

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 05:00

 

bilan-de-sante.jpg

 

 

Vous restez désespérément classique ? L'anagramme qu'il vous faut est ici.

 

Une alternative à la médecine ? C'est ici.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 08:50

 

agenda-de-rentree.jpg

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 09:45

 

piege-a-memes.jpg

Ah ! On en a raté des choses ensemble, ma bonne amie...

La faute à qui ?

Tomi Ungerer

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