12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 14:00

Il y a un peu moins de deux semaines, l'ami Helmut Krackenberger profitait d'un week-end de l'Ascension exceptionnellement riche en touristes pour signer avec succès, en librairie, les premières dédicaces de son livre :

Le TanargueLa montagne du tonnerre.

 

N'étant pas personnellement amateur de bains de foule, je me suis contenté de récupérer mes exemplaires à son domicile, avant-hier. Un délicieux moment achevé devant un verre, en compagnie de la toujours charmante et talentueuse Christel.

C'est en traversant une pièce que je ne connaissais pas jusqu'alors que mon regard s'est fait happer littéralement par trois oeuvres accrochées côte à côte, et dont je ne suis pas parvenu à lire la signature : Volker Kühn.

Un ami des maîtres de céans, ai-je appris.

Alors que je m'apprêtais à repartir, Helmut m'a fait la surprise de m'offrir un exemplaire du très joli livre d'art que voici (photo ci-contre).

 

Volker Kühn

Né en 1948 à Neuenkirch (Allemagne). 


Le concept d’art par l’objet remonte à l’Egypte ancienne avec les cartouches, des messages hiéroglyphiques gravés dans la pierre pour la postérité. Ses ancêtres les plus immédiats sont sans conteste les rébus du Moyen-âge, les maquettes en perspective de Nicolas Poussin, jusqu’aux dioramas de l’Angleterre victorienne et, surtout, les boîtages de Marcel Duchamp, Kurt Schwitters, Max Ernst et des autres surréalistes. L’intérêt pour les œuvres graphiques tri-dimensionnelles, par opposition aux sculptures, fut ensuite ravivé par l’arrivée du Pop art et trouve désormais une expression contemporaine dans les œuvres de Volker Kühn.
Après une série d’expositions au Japon en 1986, Volker Kühn décide de ranger ses outils de graveur et de mettre en matière ses idées. Apparaissent alors « les Objets »,  de petites scènes en trois dimensions qui relatent les joies et les peines de chaque homme. Ces instantanés de vie font sourire ou même rire celui qui les regarde car il s’y retrouve. Les thèmes abordés sont innombrables. L’artiste, avec un sens aigu de l’allusion et de l’imagination met en scène Monsieur-tout-le-monde tantôt pour s’en moquer tantôt pour poétiser. En conservant une certaine distance avec son sujet, il réussit à réconcilier le spectateur avec ses propres défauts, ses joies, sa quête désespérée de l’amour ou son aspiration au succès. Rien n’échappe au regard acéré de Volker Kühn, qui par son humour et son ironie amicale nous dévoile un trait important de sa personnalité. La langue imagée qu’il parle est universelle. Parfois sarcastique, parfois rêveur, il use toujours de l’humour pour nous faire voyager et peut-être repenser notre monde.
 
(Présentation de la galerie Artima [Paris/Londres])
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Presque au hasard de mes goûts, une des créations savoureuses de Volker Kühn :
Volker Kühn - "The gourmet".

Volker Kühn - "The gourmet".

L'esprit de l'oeuvre m'était familier (c'est assez le mien) mais je ne me suis pas rappelé sur le moment avoir déjà vu d'autres "objets" de ce créateur. Et puis ceci m'est revenu ce matin :

Eh oui ! le blogopote Adam toujours à l'affût de découvertes artistiques (dont les trouvailles et la belle générosité me manquent tant sur la toile).

25 mai 2015, c'est un peu loin déjà. Mais voilà, je n'ai pas tout à fait perdu la mémoire...

¤

En 38 pages, ce sont 790 créations de Volker Kühn que la galerie am Dom vous permettra de découvrir en complément.

J'adore !

Juste pour le plaisir de l'écho, Philippe Katerine :

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 08:47

Le Tanargue, la montagne du tonnerre.

Un superbe livre de photos d'Helmut Krackenberger *, dans les pas de Kenneth White**.

 

Ouvrage édité par ses soins, Helmut m'a fait l'amitié de m'en proposer la lecture avant de le remettre à son imprimeur.

C'est donc dans sa dernière version avant impression que je vous invite à en découvrir la maquette, avec la certitude que la qualité des prises de vue, la beauté des paysages et les surprises qui se révèlent au détour de ses pages sauront conquérir tous les lecteurs, qu'ils soient déjà épris de ce territoire montagneux du sud-ouest ardéchois ou qu'ils en découvrent les singularités.

Engagé sur les traces de Kenneth White et de ses "Lettres de Gourgounel", Helmut Krackenberger a su restituer tous les caractères des lieux dans leur intemporalité, et même réussi à faire resurgir grâce à ses archives photographiques les personnages qui les peuplaient encore dans les années 60.

* Helmut Krackenberger en quelques lignes :

Sarrois d'origine, c'est après quatre ans de très sérieuses études d'ingénieur qu'il bifurque résolument vers la photographie, dont des cours du soir lui ont donné le goût. Et c'est à l'Ecole des Arts et Métiers de Sarrebruck puis à l'école de photo du Dr Steinert qu'il se dotera des solides bases techniques avec lesquelles, à partir de 1957, il parcourt l'Europe. En particulier la Hollande et l'Italie.

Agences photographiques et éditions d'art l'emploient ici et là, mais c'est avant tout la fréquentation assidue des musées du Vatican et de Florence qui déterminera son goût pour les reportages liés aux oeuvres d'art et à leurs auteurs. Un goût qu'il ne tardera pas à épanouir en France puisque c'est en 1959 qu'il s'installe à Paris où, après avoir bientôt obtenu la nationalité française, il va accéder au statut de photographe de la Réunion des Musées Nationaux, avant de devenir le photographe officiel du château de Versailles.

Une période riche de rencontres et de réalisations, au cours de laquelle il va tout particulièrement s'activer autour des collections du Louvre et du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris : plusieurs catalogues d'expositions en témoignent encore... Alberto Giacometti, Gustave Moreau, Aristide Maillol.

L'affection toute particulière que j'ai pour l'art de Georges Braque me porte à mettre en avant la réalisation du catalogue, qu'Helmut fit en concertation avec le maître, pour célébrer sa grande exposition rétrospective du Louvre, en 1961 : intitulée "L'atelier de Braque", cette exposition revêt en outre un caractère historique, en ce qu'elle faisait de celui qui fut, avec Picasso, l'inventeur du cubisme le premier peintre à voir entrer partie de ses oeuvres dans les collections du Louvre, de son vivant.

 

Parcours officiel tout tracé, lorsqu'en 1965 le musée Fabre de Montpellier s'ajoute à la liste de ses champs d'action... En découvrant cette partie du sud de la France et son arrière-pays, Helmut tombe sous le charme de l'Ardèche : il y sera bientôt définitivement installé pour y créer sa propre maison d'édition.

 

** Kenneth White en autant d'aspects que propose son site :

LETTRES DE GOURGOUNEL

Publiées en 1966 après un long séjour en Ardèche qui les a inspirées, ces Lettres rendirent Kenneth White célèbre. L'auteur déchiffre une sagesse inscrite dans les mystères du cosmos et tente de découvrir "le langage inconnu auquel l'esprit aspire".

Telle se présente la quatrième de couverture de cet excellent petit livre (148 pages/7,80 €) dans sa dernière édition de 1986 réimprimée en novembre 2018 chez Grasset (collection : Les Cahiers Rouges).

Ecriture simple et précise dans laquelle se retrouve l'esprit du haïku cher à Kenneth White, en une suite de tableautins vifs et savoureux qui croquent au passage l'habitant du cru. Sagesse universelle puisée au terroir. J'en ai fait, au sens propre, mon livre de poche du moment. Et je me plais à penser qu'une édition pourrait, un jour, y ajouter les portraits de ces femmes ou hommes qu'Helmut a photographiés en ces mêmes lieux, à la même époque.

¤

Présents dans le livre d'Helmut Krackenberger, ils ont déjà fait l'objet d'un article sur ce blog :

Georges et Monique Stahl.

YZO, Isabelle Grasset.

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PS : Si, à titre personnel, Les réseaux sociaux, je m'en tamponne ! je serais, à titre exceptionnel, pleinement heureux que mes habitués (ou pas) se fassent l'écho de ce bel ouvrage d'Helmut Krackenberger sur leurs comptes facebook, twitter ou autres...

Autres articles sur Helmut Krackenberger :

- Helmut Krackenberger, ça se bouscule...

- Amandine, Jules et les autres...

 

Vous en découvrirez d'autres en tapant ses prénom et nom dans RECHERCHE (haut de page).

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 06:00

Sache que toi aussi tu seras le bienvenu.

L'affiche est de BAPS, comme d'hab...

L'affiche est de BAPS, comme d'hab...

 

*Valy : Mes aimables habitués auront évidemment reconnu notre ancien résident de la République, accordéoniste et auteur, et grand admirateur, tout comme moi d'ailleurs (c'est peut-être la seule chose que nous ayons en commun), de l'oeuvre de Guy de Maupassant.

 

 

Par la même occase, ami de passage, te voilà prévenu.

Un amical salut aux artistes :

Luce Vincent

Bernard Vincent

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 16:23

 

En voilà un autre que je n'ai pas vu depuis un brin de temps. Trois ans ? Quatre ans ?...

 

 

2005 : Debout derrière son improbable aéronef amphibie.

L'a-t-il conçu pour ne se pri-ver d'aucune des chances de se faufiler dans l'éternité artistique ?

Ou, s'agissant d'une exposition collective, fut-il le père du premier BlaBlaCar fait pour rejoindre l'au-delà en riant ?

 

Nous aurons partagé plus d'un bon moment de complicité artistique. Se pourrait-il qu'en ma Ford intérieure j'aie fini inconsciemment par craindre de prendre la place du mort ? (Je n'ai jamais eu de Ford de ma vie. Tu l'auras compris, lecteur attentif, il s'agit de mon for intérieur, bien sûr.) ...Donc, Ford ou pas, je disais ne plus avoir vu depuis certain temps ce tout de même assez intrigant personnage, va savoir pourquoi !

Alléluia, nous avons depuis avant-hier un ministre de l'Intérieur tout neuf. Formons le voeu que ce nouveau sous-maître de l'ordre public vienne mettre un terme rapide à ce genre d'exhibitions éhontées car, il faut que vous le sachiez (gens du tout-venant), Mirabel se plaît dans la récidive. 

Edifiant agitateur de panier à crottes, en effet ! dont l'observateur avisé aura aussitôt relevé qu'il est dans le même temps salué par bon nombre d'amateurs d'art, Mirabel manquait jusqu'à ces toutes dernières années d'un site montrant un tant soit peu largement son travail. C'est aujourd'hui défaillance en partie réparée avec René Mirabel - Artiste peintre qui couvre la période s'étalant depuis ses premières oeuvres des années 60 jusqu'à ses Vibrations de 2016/2017.

Un site bien à son image, sans fioritures inutiles, limite austère...

Bien que les deux productions ici mises en avant n'y figurent pas (j'aurais pu en relater une troisième : Les beaux morceaux * - grande barrique dont s'échappait, en son sommet, une luxuriante chevelure blonde, et du fond de laquelle s'égouttait lentement un sang épais), le côté farceur n'en est pas absent car qui pourrait croire raisonnablement y trouver l'ensemble des oeuvres ?... Il faut avoir eu la chance de visiter sa vaste réserve qui regorge de compositions, dont certaines de très grand format, pour témoigner qu'on en est fort loin.

Je me suis attaché à accompagner les périodes allant des années 60 aux années 1992 et suivantes des observations que Gilles Plazy leur a consacrées dans le n°28 de Cimaise précité :

...(Premières oeuvres, 1960) D'étonnants paysages de bruns sombres, au bord du noir, inspirés des "faïsses", ces terrasses étroites installées au flanc des montagnes par des paysans acharnés à les cultiver. La peinture à l'huile, de couche en couche, se faisait grumeleuse, avec une lumière qui semblait sourdre du fond de la terre même, dessinant des ondulations multiples et complexes qui peuvent faire penser à deux artistes qu'il ne connaissait pas alors : Charchoune et Ubac. Car il n'y avait ni ciel ni horizon.

Le dessin s'éloigna de plus en plus du sujet, se simplifia, s'affermit, acquit la rigueur géométrique...

...(Bleu et Rouge, 1980-1990) De simples variations de traits rouges  sur de grands fonds bleus se nourrissaient encore de vues d'Ardèche. A ces deux couleurs, Mirabel fut longtemps d'une fidélité exclusive : elles lui suffirent à évoluer, à devenir ce "constructiviste" qu'il est aujourd'hui.

[Et c'est parce que] le pinceau l'ennuyait [...] qu'il s'inventa un mode d'impression de la couleur qui requérait une surface dure. Et plus de "touche", cette complaisance de l'artiste pour sa propre main.

 

 

 

 

(Reliefs, 1987-1990) :

 

 

 

 

 

(Les Géants de l'Ouest et des Ordres, 1993).

La monochromie s'est imposée, minimale dans une série de reliefs très délicats ou bien devenant un élément ironique d'objets fabriqués en marge du Nouveau Réalisme. Ainsi les trois amusantes soutanes, ou bien la série des Géants de l'Ouest où les clichés du western retrouvent une nouvelle jeunesse.

 

 

 

(Intimistes, 1992-1994).

...Fenêtres de la série Intimisme qui marient l'artisanat constructiviste, l'obsession monochrome d'un peintre aujourd'hui détaché du paysage et le collage d'objets.

 

 

 

 

(Installations, 1992-2007) René Mirabel est un constructiviste qui a de l'humour et de la fraîcheur et qui ne se coince d'aucune théorie. Aussi n'a-t-il pas hésité à introduire dans ses constructions quelques objets : de jolies boîtes de bonbons ou de thé décorées à l'ancienne ou de pièces plus sévères - morceaux de métal ou de verre, grillages, chaînes, câbles, miroirs brisés. Et le jeu peut prendre de la gravité avec les Epitaphes ou les Perspectives où les panneaux ajourés se font portes de prison et même, en sculpture, cages.

 

 

 

 

 

 

 

 

...Une autre série est tout métal, lourde, imposante et pourtant légère dans la rigueur d'un montage de plaques, de grilles et de crochets.

[Pour René Mirabel] l'art est un jeu de construction dont toute la poésie vient d'une belle alliance entre la rigueur artisanale et la liberté d'une fantaisie qui ne sait jamais à l'avance quel chemin elle va prendre.

 

De retour depuis au travail sur toile, Mirabel semble avoir renoué avec les sources de ses premières années et j'aime infiniment ces variations obstinées qui ne cessent de vouloir approcher l'essence du monde en se défiant du désir de plaire.

Bref, un artiste peintre (puisqu'il a choisi de se définir ainsi) authentique qui s'est donné la liberté de construire une oeuvre très personnelle et profondément cohérente.

Etait-ce l'occasion d'un premier jugement d'instance artistique ?

J'ai retrouvé une invitation de 2012 pour une exposition de groupe organisée dans le cadre de l'ancien palais de justice de Largentière à laquelle je n'ai pu me rendre.

 

Les exposants :

 

MIRABEL

YANKEL : LINK

LATTIER : LINK/LINK

SYROKA : LINK/LINK/LINK

PERLIN : LINK

Je ne l'ai pas vue, et alors ?

* Erratum du 22/10 relatif à "Les beaux morceaux".

Il faut se défier de ses souvenirs. Retrouvé une note de 2004 décrivant cette oeuvre :

 

Mirabel s'est mis en cuisine [...] il n'a pas fait dans la demi-mesure, si bien que c'est à l'intérieur d'un quart de fût aux dimensions fort respectables (110 x 58 x 80) qu'il nous propose une roborative "Marinade". On ne doit pas parler ici de matériaux, mais d'ingrédients : chêne, chaînes, beaux morceaux, Pomerol 89, sel, poivre, laurier, basilic. Pas plus le sang, figé au sol après s'être égoutté des interstices, que les longues mèches de cheveux bruns qui s'échappent de sous le couvercle ne laissent place au moindre doute sur la nature des beaux morceaux. C'est de la tambouille rustique caustique, une oeuvre apparentée à la filière tripière ardéchoise, une recette qui fleure bon les hautes heures de l'Auberge rouge de Peyrebeille.

Articles associés :

YANKEL

Gérard Lattier

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 19:48
DRAGAN DRAGIC : un long chemin d'exigence...

...jusqu'à l'éblouissement du Ventoux.

DRAGAN DRAGIC : un long chemin d'exigence...

Il y a combien ?... Une paire de lustres (peut-être et demie) que nous ne nous sommes pas vus. Et une impression : comme si c'était hier. Le temps passe pourtant. Vite.

 

C'est en rangeant un carton d'invitation de ce mois de février : DRAGIC L'âme du Ventoux, à la Chapelle du Collège de Carpentras, que je me suis posé la question et que j'ai eu envie d'aller voir sur le net ce que je pourrais trouver de nouveau.

Car, si dès les années 80 la peinture de Dragan s'est accompagnée d'un premier livre d'art de belle facture, aucun site ne met en valeur ses plus de 50 ans de production artistique. D'autres livres ont suivi, et seules quelques toiles des années 2014-2015 se trouvent rassemblées sur le net par les soins de son fils Yovan* :

C'est dans la première moitié des années 70 qu'un ami commun, aujourd'hui disparu, nous a fait nous rencontrer. J'ai été aussitôt séduit par la force de sa peinture et la qualité des nuances de sa palette. L'exigence était déjà là, contenue dans les promesses que j'ai peut-être entrevues avant lui. Que j'ai en tout cas espérées pour lui et qui se concrétisent dans sa liberté de peindre la plus récente.

Un paysage du Vercors, marqué par la puissance de l'expressionnisme qui l'influençait alors - et qui en même temps tendait déjà vers une forme d'abstraction - a été, dès cette rencontre, ma première acquisition. Quelques autres l'ont suivie au fil des décennies, accompagnant plusieurs de ses tournants. Je les regarde toujours avec un plaisir neuf en même temps que me revient la réflexion qu'il m'a faite un jour : "C'est marrant, ce que tu m'as acheté était presque toujours en marge de ce qu'on me demandait."

 

Il se pourrait bien que je sois un peu exigeant aussi...

Et pourquoi ne pas lui souhaiter que le mont Ventoux l'obsède, des années encore, jusqu'à devenir sa Sainte-Victoire ?

 

J'ai été ravi de découvrir cette petite suite de vidéos dans lesquelles il s'exprime à bâtons rompus.

Episode 2 :

Episode 3 :

Episode 4 :

Episode 5 :

Episode 6 :

Dragan Dragic au Muzej Kozare de Prijedor en octobre 2016.

Dragan Dragic au Muzej Kozare de Prijedor en octobre 2016.

* Designer professionnel, Yovan Dragic a hérité de son père un joli coup de crayon et la passion des grosses cylindrées : un bref aperçu.

P.S. du 11/10

Pour les moins paresseux :

* 22:00 / René Deroudille : LINK

* 28:09 / Pierre Lévy : LINK

* 29:43 / Roman Tschabold : LINK

* 30:23 / Balbino Giner : LINK

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 12:16

Georges et Monique STAHL - Sculpteurs verriers

Le Village

07110 LABOULE

 

LABOULE DE CRISTAL *

 

Le village s’accroche à l’escarpement du Tanargue. 120 âmes qui tutoient Taran, cousin celtique de Jupiter à qui, dit la légende, la montagne devrait son nom. Au dieu du tonnerre et des éclairs Georges parle presque en égal : il est adjoint au maire (bonjour Jean-Pierre). Ici, nombreux sont ceux venus de loin ; mais la sagesse séculaire du pays les imprègne. Au dieu vernaculaire et ses humeurs primaires on concède sans barguigner la primauté de l’arrosage et l’administration des sangliers. Les hommes, eux, s’attachent patiemment à façonner leur vie. L’été dernier, ce qui m’a sauté aux yeux en découvrant le site ce sont les bonzaïs de Georges, groupés sur la murette en face de la maison.

(En référence, pour illustration actualisée : Vase au bonzaï - sphère cristal, diamètre 40, hauteur 43.)

Georges et Monique, c’est un double sourire, une complicité évidente et gourmande. Dans l’atelier, le moule attend le cristal brut de Lalique. Eux ont fondu depuis longtemps leurs deux parcours. Georges, le Nancéien, et Monique, la Champenoise, ont choisi la pâte de verre « parce qu’elle est une lumière qu’on peut travailler lentement. Elle est durée, labeur, elle oblige à avoir un projet qui tient la route jusqu’au bout. » Une voie ouverte il y a quinze ans dans leur cheminement de céramistes. « A la recherche de la transparence, et de la lumière, nous cherchions à mélanger le verre à la porcelaine et la faïence ».

Profitons du portrait qu’a su faire d’eux Noël Neil :

« L’un est poète et philosophe, tourné vers l’Asie et l’Orient, souple et subtil. S’il adore la technique, c’est de façon très empirique et pour l’émotion de la recherche plus que pour la tranquillité du résultat. Il sait dormir au pied du four, l’ouvrir à deux heures du matin et vibrer. Un peu incohérent, et souvent tendre. Il est sable mouvant, mouvant, coulé !… ou c’est peut-être l’autre !

L’autre, vous dira-t-on, est le côté sculptural et structural, le côté modelage aussi. Les pieds sur terre, et terriblement spontanée, et travaillant par à coups. Comme une souris dans l’atelier, elle trottine sur son chemin, modelant en terre ou en cire petits arbres et petites fumées. Mais si c’était l’un ?

L’un, c’est sûr, fait son marché, déniche ses poissons à belle gueule, et moule ensuite ses truites en pâte de verre. Passion des formes, ascendant Poisson !

L’autre, c’est sûr aussi, soumet les dés du hasard aux lois de l’assemblage et de la nécessité. Goût du nombre d’or, ascendant Stahl !

Tous deux ont fait le long chemin de joie de la faïence au grès, à la porcelaine et, enfin, au verre. Partir de 1000 degrés pour aboutir à 1400. Ascension périlleuse ! Le grand combat de l’artiste et de la matière, façon Bernard Palissy reconverti dans le cristal, lançant avec amour des poissons bleus qui traversent le miroir et des poissons jaunes qui y laissent leur queue. Un Bernard Palissy qui aurait troqué ses armoires contre des algues sur présentoir et des coupes blanches à quatre pieds d’azur.

Leur reviennent, à coup sûr, ces montages de sculptures sur verre, où la transparence parfaite du cristal le dispute au velouté moulé, polissé, gravé de la pâte de verre ; où la tendance figurative et organique, qui fait proliférer aujourd’hui les poissons, algues, ronds dans l’eau et cordes moulées, comme, hier, les cheminées avec leurs fumées, fraternise avec la tendance abstraite qui assemble les cercles lunaires, les cônes solaires irisés ou les bâtonnets bleutés.

Georges et Monique Stahl sont les lutins du verre. Ils créent leur alphabet des rêves en bondissant de la bascule au pendule. Ils ont chaussé les fameuses semelles. C’est sûr ! »

 

* Fragment d'un article que je leur avais consacré en avril 2002.

Comme le temps passe !

Hier, ce n'est pas sur un marché que j'ai retrouvé Georges mais dans un Hyper où il cherchait... des fraises. Non mais quelle horreur, des fraises en Hyper !

Bises généreuses et rieuses, nous nous sommes pardonnés de nous trouver là.

Il avait de bonnes excuses. Pas moi. A moins que...

 

...ce soit l'occasion de vous les faire mieux connaître.

 

Et, pour commencer, laissons-nous glisser de quelques années.

Le temps, les amis, c'est un toboggan. Je viens de prendre seize ans sans m'en rendre compte.

Qu'à cela ne tienne, il y a de la beauté au bout du chemin.

+ une commande livrée l'an dernier :

Tu voulais voir Monique ?... Ben, tu verras Georges, tout comme moi hier.

Hé, y a pas de raison !

Je n'ai pas trouvé mieux comme clap de fin. Voilà, "tu peux fermer" maintenant.

¤

 

Ajout du 11.06 :

Tchin, Jaq !

Manque plus que "la rouge purée septembrale".

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 10:48

Hier, un message découvert dans ma boîte mail : "Henry est décédé... D'un coup les souvenirs surgissent..."

Le téléphone, ensuite.

C'est bien qu'après toutes ces années passées nous n'ayons même pas besoin de nous dire : tu vois, je n'ai rien oublié.

D'Henry, je garderai toujours le souvenir de ce qui le caractérisait au plus haut point à mes yeux : l'élégance de la légèreté et l'humour.

2 ajouts du 03/06/2020

Crédit Anne Lüscher

Mairie de Lagorce, 09/12/2016, obsèques d'Henry. Aperçu de l'exposition consacrée à sa mémoire.

Au premier plan, sa photo (83 ans) et sculptures en aluminium.

1er à partir de la gauche, Henry (27 ans) dans l'atelier de Ossip Zadkine.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 06:32

Moi qui suis si dépourvu d'imagination que j'en suis réduit à vous étaler les détails de ma vie en toutes occasions, j'en reste baba.

Souvenez-vous : le petit bonhomme à la valise vous avait convié au vernissage de l'exposition de BERNARD VINCENT, alias BAPS, le 18 avril.

Eh bien, au lendemain même de ce vernissage, le petit bonhomme avait l'exquise attention de vous remercier de votre présence (pour ceux qui y étaient ; et, je l'imagine, de vos commentaires, pour ceux qui ne pouvaient y être).

Merci !

Merci !

Mais pourquoi ce petit bonhomme, au lieu de Baps lui-même ? brûlez-vous de me demander depuis plus d'un mois sans oser me l'écrire. Et pourquoi vous avoir fait autant patienter ?

En réponse à votre première question, voici :

Mais où vont-ils trouver tout ça ?

Je pense que votre patience mérite récompense.

A défaut de susucre, une seconde toile :

(Un CLIC sur les images pour les agrandir)

(Un CLIC sur les images pour les agrandir)

Il y a un joli brin de temps que je n'avais plus répondu, pour x ou y raisons, à l'invitation d'un vernissage : celui-là était en tous points réussi et m'a donné en outre le plaisir de discutailler avec nombre de copains que je n'avais pas vus depuis... ouhhh !

Mais alors ( et vous avez bien raison d'insister !) pourquoi vous avoir fait autant patienter ?

Ni plus ni moins que pour faire une nouvelle surprise à Fanfan, après qu'elle ait retrouvé ses yeux de vingt ans.

Je sais son goût pour la peinture de LOUIS TRESERRAS avec lequel j'ai tout particulièrement bavardé. Je voulais qu'elle puisse au mieux profiter de cet autre aspect de son travail :

Mais où va-t-il lui aussi trouver tout ça ?... En particulier toutes ces petites vieilles si fraîches.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 14:32

Reçu d'un petit jeune au talent prometteur :

Lundi prochain...

Sera-ce à pied, à cheval, en voiture ? Je m'y rendrai.

Vous serez trop loin, peut-être trop occupé ou sur votre lit d'agonie ? Ce n'est pas grave, je vous offre la chance de découvrir une partie de son travail, que je trouve déjà remarquablement abouti, sur son site :

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 13:18

HENRY SCHLEY, peintre et sculpteur.

STARS AND STRIPES.

Petit lexique à l'usage de nos lecteurs bantous qui auraient négligé l'apprentissage de la langue anglaise :

Star, 1 Etoile. 2 Vedette.

Stripe. 1 Raie, zébrure. 2 (stripes) galons.

Aux mêmes lecteurs, et à quelques autres pour qui les problèmes de la langue ne sont pas la principale difficulté :

Le Stars and Stripes symbolise le drapeau des USA : Henry est citoyen américain. Les stars, nous verrons qu'elles parsèment son itinéraire. Quant aux galons, malgré son passage dans l'US Navy, c'est mon désespoir : pas de galons. Je suis obligé de me rabattre sur les zébrures, ce qui n'est d'ailleurs pas plus mal car c'est d'un zèbre chatoyant qu'il s'agit là.

Quand on m'a rapporté pour la première fois ses années d'étude auprès de ZADKINE, les verres partagés avec Samuel BECKETT, son amitié avec GIACOMETTI, je me suis retenu de dire que moi aussi j'avais été pote comme cochon avec FRA ANGELICO dans les années 1400. Comment croire que ce grand jeune homme désinvolte va fêter ses 70 ans cette année ?

1933 : Henry Spaulding SCHLEY, le 3ème du nom, naît à New York dans une de ces grandes familles bourgeoises qui, deux ans plus tard, seront bouleversées par l'enlèvement du fils de Charles LINDBERGH. C'est à cet événement qu'il devra d'avoir alors à ses côtés un immense danois, acheté pour le protéger. Souvenir mitigé (il se rappelle les vigoureux coups de queue qui lui cinglaient la tête) mais déterminant : à huit ans et demi, il dessinera de mémoire cet envahissant compagnon disparu, avec tant de réalisme que son professeur de dessin croira à une copie avant de convenir de ses précoces qualités. Suivront une première exposition et les premières ventes interrompues par Mme Mère, indignée qu'on puisse monnayer le talent de son fils. Début et fin d'une amorce de carrière artistique prometteuse.

1950 : Le jeune H.S.S., qui considère son milieu sans enthousiasme excessif, rêve d'un cruiser qui l'emmènerait naviguer le long du littoral méditerranéen français. L'aimable marine US ne lui fait pas miroiter de moindres perspectives et le voilà engagé pour quatre ans... en partance pour le conflit de Corée, finissant son périple à bord d'une barge de débarquement. Ces jeux guerriers et les feux d'artifice qu'on lui propose s'avèrent peu conformes aux visions de la Côte qui l'avaient motivé, et modérément à son goût, il en profitera néanmoins pour s'imprégner des arts coréen et japonais et gardera de cet épisode héroïcomique un attrait définitif pour les vadrouilles.

1954-57 : Etudes de design au Long Beach State College (Californie) couronnées par une exposition de peinture et de sculpture à laquelle sont associés élèves et professeurs confondus. Et quoi ? En décrochant le premier prix à la barbe de ses professeurs, il conclut, avec la délicieuse distance qui le caractérise déjà, qu'il est grand temps de les remercier et de repenser à cette bonne vieille Europe, et à la France pour commencer.

1958 : C'est enfin le débarquement pacifique du "Queen Elisabeth 1". Henry s'installe à Paris, dans un hôtel de la rue de l'Université. L'hôtel, la rue, la ville sont une ruche, une perpétuelle invitation à la curiosité et aux rencontres. Il a le privilège d'accéder aux cours de sculpture très sélectifs d'Ossip ZADKINE avec lequel il partage une égale passion pour la mythologie hellénique : un enseignement incomparable qu'il suivra jusqu'en 1961. Dans la même période il étudiera la gravure auprès de Johnny FRIEDLANDER et la peinture avec Yves BRAYER. De ce dernier, qui tenait atelier à la "Grande Chaumière", il ne conserve pas un souvenir impérissable, ce qui me console de toutes ses oeuvres, alors en vogue, dont mon regard d'adolescent s'est trouvé fréquemment encombré dans des demeures provinciales. Mais l'art est aussi au rendez-vous des salles et des terrasses de café et de restaurant. Il s'y assied souvent autour d'un verre en compagnie de Samuel BECKETT, devisant de tout et de rien (une photo de l'auteur irlandais veille aujourd'hui sur son sommeil ? dans sa chambre de Tabias) ; il hante Le Select et La Coupole où il lui arrive de dîner avec Alberto GIACOMETTI ("Je ne faisais pas partie du cercle le plus étroit de ses intimes") ; il y côtoie avec une même gourmandise célébrités et anonymes, et c'est pour moi une jubilation que de l'entendre relater tout un fourmillement d'anecdotes avec le filtre de son humour. Un numéro entier ne suffirait pas à en rendre l'écho, c'est la raison pour laquelle je le laisse s'échapper jusqu'en Italie où, en 1963, il parachève ses études de sculpture à l'Académie des beaux-arts de Florence.

Avant d'abandonner définitivement le fil de la chronologie, retrouvons-le en 1964 à Londres où il réalise un groupe de sculptures monumentales dans le cadre de l'exposition organisée par Richard BUCKEL à l'occasion du 400ème anniversaire de la naissance de SHAKESPEARE. Et c'est encore à Londres, l'année suivante, qu'il rencontre une dernière fois GIACOMETTI dont c'est l'ultime rétrospective avant sa mort : ce jour-là, le musée étant fermé au public, c'est le maître lui-même qui le guide à travers l'exposition.

Bougeotte et péripéties de la vie, on pourrait le suivre en Belgique, en Espagne, en divers lieux de France et de Navarre, et en Californie où il fera plusieurs séjours dans les décennies écoulées (Sculptures et design pour Reva Fashion à Beverly Hills, atelier Gemini Gel à Los Angeles, cuisinier de stars hollywoodiennes...). Mais c'est dans sa charmante maison ardéchoise, devenue point d'ancrage depuis 36 ans, qu'on lit l'authenticité de son être. S'il devait la quitter, ce ne serait que pour retourner vivre à Hawaï. Avec une grâce de dilettante, Henry y regarde de loin le monde s'agiter. Il reprend ses pinceaux quand la charge émotionnelle l'impose et il retrouve alors cette peinture impressionniste abstraite, solide et dense, qui le rapproche de ses rêves d'enfant.

HENRY SCHLEY, sculptures et peinture

HENRY SCHLEY, sculptures et peinture

Principales expositions :

1958-63 :

Biennale de Paris, Musée d'Art Moderne / Salon de Mai, Musée d'Art Moderne / Salon des Jeunes Sculpteurs, Musée Rodin / Salon d'Automne, Grand Palais.

1972 :

Biennale de Venise, sérigraphies dans le Pavillon Américain.

Plus récemment :

Plusieurs expositions en Ardèche, en Pologne, à Aix-en-Provence...

2 ajouts du 03/06/2020

Crédit Anne Lüscher.

 

 

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