20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 11:00

Je continue à me faire plaisir. 

 

Retour au bistrot.

Moi j'suis qu'une grosse tartine, je tombe toujours du côté que j'suis beurré.

Et en accompagnement du coup de l'étrier.

 

Pour les boit-sans-soif, je ne manquerai pas de signaler l'épilogue du Télé Bistrot de notre ineffable Papy Mouzeot.
Partager cet article
Repost0
18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 07:40

Madame Géhèm n'était pas d'humeur hier soir à tester la fraîcheur de ma bière ; alors, ni une ni deux, je me suis transporté au bistrot où on fait les rencontres les plus improbables.

Je t'avais fait connaître l'Arsène ici-même. Et je te le donne, Émile ?

On s'est bu gentiment une mousse, et il m'a fait découvrir cette petite merveille de clip tout frais. C'est fou ce que ça passe bien le matin aussi !

 

Partager cet article
Repost0
12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 11:05

Il y en a qui vont croire que j'ai quelque chose à me faire pardonner ! 

Mais non...

 

Église Romane de Balazuc (07)

( Église Sainte-Marie)

balazuc-14-07-12.jpg

Exposition du 15 juillet au 14 septembre 2012

Vernissage le 14 juillet à 18 heures

 

elisabeth-roux.jpg

Élisabeth ROUX

 

Ingrid MEYER-WEGENER

 

paola-steffens.jpg

Paola STEFFENS

Partager cet article
Repost0
6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 23:05

Je n'ai le temps de voir personne en ce moment, mais tiens ! j'avais envie de lui faire une bise, à celle-là...

Il y a déjà trop longtemps que je m'étais promis de mettre en ligne ce court aperçu de l'évolution de son travail.

 

ingrid-1-jul-11.jpg

 

ingrid-2-jul-11.jpg

 

 

Et un grand verre d'eau par là-dessus... mais du Debussy millésimé, SVP ! 

 

 

 

Voir ou revoir Ingrid Meyer-Wegener, peintre ? C'est ici.

Partager cet article
Repost0
29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 00:15

L'année où les grenouilles veulent changer de roi, c'est tout ce que ce 29 février m'inspire...

 

D'ailleurs, si cela te dit de savoir ce que je pense en général des années bissextiles, c'est ici.

 

Un jour à servir du réchauffé, n'en demande donc pas davantage !

Un article d'octobre 2003, dans lequel quelques-uns de mes lecteurs reconnaîtront un ami disparu.

 

 

Mon ami Jean-Pierre Llorca affectionnait l’œuvre d’André Lhote.

 

Andre-Lhote.jpgNu - André Lhote (1885-1962)

 

J’aimais le taquiner sur ses prédilections un brin classiques en matière d’art et sur sa religion inconditionnelle du Bénézit, dans lequel il puisait avec un imperturbable sérieux les éléments qui, à ses yeux, lui octroyaient l’autorité d’étalonner à peu près tous les goûts et les couleurs.

 

Rien n’était plus jubilatoire que de le voir dispenser ses oracles aux possesseurs d’antiques barbouillages et aux chineurs, nombreux à solliciter son avis après le joli coup qu’il avait réussi, en amateur, chez un antiquaire ardéchois : l’acquisition, au prix d’une croûte vétuste, d’une petite toile (scène de la guerre franco-allemande de 1870) où il fallait bien de la perspicacité pour pressentir la patte du Douanier Rousseau. Travail qui, d’un strict point de vue pictural, ne revêtait qu’un assez modeste intérêt, sa découverte s’était parée, au terme de longues expertises d’authentification, d’une vraie grâce historique et d’une plus que coquette valeur marchande.

 

L’ami Jean-Pierre avait l’immodestie exubérante, le verbe bruyant, une lucidité souvent féroce qui voisinait d’une manière surprenante avec des crédulités enfantines. Je n’avais pas su résister à la malice d’épingler une de ses lubies récurrentes dans une pochade qu’il avait encadrée et accrochée au-dessus du fauteuil au fond duquel il avait l’habitude d’arrêter ses verdicts, et qu’il lui arrivait de déclamer devant des visiteurs interloqués :

 

Derrière mon haut front d’airain

Je roule des pensées de rien,

Songes de femmes cannibales,

Rêves de fesses dignes d’annales,

Je roule des pensées de nain.

 

Derrière mon haut front d’airain

J’ai le vertige des fonds marins,

J’imagine des fleurs anales

En curant mes fosses nasales

Et que je serai beau demain.

 

Mon délire n’est pas qu’un grain

De folie ou un tour de main,

Il me suffit, à moi Llorca,

De prétendre être Garcia Lorca,

Je le deviens.

 

LA PREUVE !

 

Ce qu’il ponctuait, avec l’emphase de circonstance, en pointant son index vers cette conclusion pétrie d’évidence !

 

Ma mémoire lui doit quelques associations peu conventionnelles. Ainsi, André Lhote et le crépi de semoule de blé. Ce n’était déjà pas raisonnable de s’attabler avec Jean-Pierre devant un couscous, mais courir le risque de l’amener à s’étrangler quand il avait la bouche pleine ! Je n’aurais plus l’inconscience, aujourd’hui, de soutenir la supériorité de la lotte à l’américaine sur le plus estimable des Lhote à l’huile…

La maladie, après l’avoir prématurément écarté de ses activités à la Chambre de Commerce dont il avait été le secrétaire général, avait fini par l’isoler de presque tous. Nous avons été très proches pendant ses dernières années : il avait une élégance de caractère émouvante qui me faisait avoir une indulgence amusée pour ses extravagances et ses férocités que d’autres ne supportaient plus. Son jardin secret avait des noirceurs qu’il tentait d’oublier en s’étourdissant de lui-même et, dans l’esprit de Beaumarchais, il cherchait à rire de tout, « de peur d’être obligé d’en pleurer ». Nous ne nous sommes jamais ménagés, et nous avons beaucoup ri ensemble.

 

Jean-Pierre Llorca est décédé le 29 février 1990. La mort, qui n’en est pas à une absurdité près, lui a offert au bout de ses tourments le jour supplémentaire d’une année bissextile.

Je n’ai jamais eu le goût des panégyriques et, puisqu’il s’agit là de le faire revivre un instant, je crains que sa mémoire ne doive s’accommoder de mon irrévérence.

Le phénix, dit-on, renaît de ses cendres. Ce n’est ici, hélas, que l’art du pote au feu.

Partager cet article
Repost0
25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 10:15

J'ai créé une rubrique LE COIN DES COPAINS, ce n'est pas seulement pour les chiens !

 

Monsieur âgé, veuf, ayant petit capital,

demande demoiselle ou veuve sans enfants,

libre, 40 à 55 ans, femme d'intérieur,

bien sous tous rapports, situation en rapport.

 

Chères lectrices, qu'attendez-vous ? Géhèm fera suivre.

 

 

PS : ci-joint la photo du potager, pour être agréable à Dany qui a su me la demander avec gentillesse.

 

potager.jpg 

Partager cet article
Repost0
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 18:30

Tu es encore ici, toi ? C'est que tu es issu de la souche kamikaze rustique, la plus robuste !

Ou alors c'est que tu n'as pas prêté la moindre attention à mes voeux, et t'as vraiment le cul bordé de nouilles (note bien que je mets un point d'honneur à ne pas plagier La Princesse de Clèves) !

 

...Parce que la vérité va te faire froid dans le dos (tu vois, je viens encore d'hésiter à te la dire) : rien que l'an dernier, j'ai dénombré trois morts parmi les rares privilégiés que j'avais gratifiés de mes plus sincères souhaits de santé, prospérité, félicité, et caetera, etc... Une hécatombe, si l'on considère mon observance habituellement modérée de la coutume. Et maintenant je vais te demander de rester digne et courageux jusqu'au bout : en un peu plus de soixante années de pratique, j'ai enterré plus de la moitié des malheureux qui avaient eu l'imprudence de confier leur avenir à mes voeux. C'est comme ça, faut se rendre à l'évidence, quand je me mêle de vouloir faire le bonheur de mes semblables, je deviens inévitablement dangereux. J'aurais dû songer à une carrière politique !

 

Bon, t'as de la chance que j'aie dans mon carnet d'adresses -pour effacer une si funeste maladresse- quelques bonnes âmes dépourvues de mes travers. Certaines ont eu la générosité de joindre une image à leurs voeux 2012, je dois pouvoir te les faire partager en confiance... Je ne garantis rien, mais si tu n'as pas pris une tuile sur la tête d'ici là tu pourras peut-être tenter de t'aventurer au delà :

     

Luce & Baps 

Baps-voeux-2012.jpg

Le site de Baps : http://www.bernard-vincent-baps.odexpo.com/  

 

Cécile Falchero - Hunab Ku 

Hunab-Ku-Cecile.jpg

Voir Cécile Falchéro, peintre et son album photo sur mon blog.     

 

Dominique Roume - Coucouz'art 2011 

D.Roume-voeux-2012.JPG

Voir Ah que Coucou...! Domaine de Coucouzac. 

 

C. BOST - Ève C.Bost-EveVoir d'autres oeuvres sur http://www.flickr.com/photos/c-bost/

 

 

Jusque là, ça va ? Toujours pas de signes avant-coureurs de malaise ? Je t'en ai donné à voir de zolies zimages, pas vrai ?... Moi zaussi, d'ailleurs, ce sont les zimages que je préfère. Que chacun s'en tienne à ce qu'il sait faire !

Mais qu'est-ce qu'il lui a donc pris à la môme Bost, après ses voeux, de me noyer dans la liste des destinataires de cette crétinerie majuscule et nauséabonde censée défendre la diffusion de la chanson de Pierre Perret : LA FEMME GRILLAGÉE ?

   

la-femme-grillagee-Perret.jpg

 

J'aime plaisanter, chérinounette, mais je n'aime pas trop qu'on me dérange pour des conneries de cette taille ! Et ça ne coûte rien de se renseigner avant de relayer n'importe quoi :

http://pierreperret.fr/non-classe/dementi-rumeur-censure-femme-grillagee/

 

Si je diffuse, ce n'est que pour le plaisir d'écouter une fois de plus une chanson dont je ne me suis pas encore lassé.

 

Pour le reste, les moutons m'emmerdent, les cabris aussi.
 
Dégrillageons la femme (ce qui peut même se faire sans délaisser l'humour), il se trouvera toujours un taré d'un bord ou d'un autre pour récupérer l'affaire. Puis-je encore formuler un voeu, en dépit de mes mises en garde ? Apprends un peu le discernement, il arrive que cela serve ! 
 
joconde-pig-charlie

 

Ah oui ! surtout, ne l'oublie pas : c'est, ce soir, la dernière salve des voeux débonnaires du Nabot.

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 21:20

Un pommier donne des pommes ; quantité de notaires des notaires et, accessoirement, d'autres fruits secs. Je ne vois guère que le hasard pour donner des artistes. Je ne parle pas de tous ceux qui ont un petit don qu'ils se plaisent à cultiver bien au tiède, mais de ceux chez qui l'art s'impose de bonne heure comme l'enjeu essentiel d'une vie.

En intention, tout reproducteur un peu raisonnable en est chiche ; on peut ne pas être avaricieux de son cul, on n'en a pas moins le bon sens qui reste vissé près du bonnet.

Dans la famille Perbost, que tu demandes la soeur (C. Bost) ou le frère, c'est 100% artiste. Par quel étrange sortilège ? Peu importe, je me contente souvent de ce que le hasard m'apporte de plaisir.

 

Cinq heures du mat', c'était en août dernier au coin d'une rue, on a taillé une petite bavette forcément décousue avec l'Arsène. On s'est revus quelques jours plus tard ; entre-temps, Allain Leprest était mort. Quelques mots autour d'une ultime partie de pétanque qu'ils avaient partagée peu avant, ce qui nous a entraînés à évoquer la sortie à venir du dernier album d'Arsène, No pétanque today, pour lequel celui qu'il considérait affectueusement comme son grand frère a signé les paroles d'un titre : À cause. On s'était dit que j'en causerais, un moment ou l'autre, sur mon blog.

 

Un 'tit coup de flash sur l'oiseau :   

 

 

No pétanque today sera dans les bacs en février. 

 

No-petanque-today-recto.jpg 

 

No-petanque-today-verso.jpg 

 

En attendant, Les cinglés, Belle et bien vraie, Qui sait sont déjà disponibles à l'écoute sur myspace.

Ah les cinglés, les doux jobards... Tout ce que j'aime !

 

Si tu passes par là, je t'embrasse, l'Arsène. 

Partager cet article
Repost0
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 16:35

Suis-je distrait ! Je m'étais pourtant collé un post-it DARK VADOR sur le front...

Ben non, je ne me prends pas pour le héros de Star Wars !

Pas plus que je n'ai un entonnoir sur la tête !... Je devrais ?

 

Mais je suis distrait : près de deux mois que je m'étais promis, à la suite d'un commentaire de Dan sur mon article Figure providentielle, figure dans laquelle elle avait cru reconnaître Dark Vador, d'évoquer Le Retour du Jedi dont peu d'entre vous savent que c'est Michel Jouin qui a créé l'affiche française.

 

Bah ! la page qui suit le fera mieux que moi et, tout en étant loin d'être exhaustive sur la carrière de Michel, je ne doute pas que vous y trouverez d'autres surprises :

http://www.jones-jr.com/ 

(Cliquez ensuite sur Saga, puis dans le menu Saga sur Le Temple Maudit, enfin dans Temple Maudit sur Les affiches. Vous y êtes : Rencontre avec Gil & Michel Jouin.) 

 

Sûr que ce n'est pas avec Jouin en octobre, mouches dimanche que je vous en avais réservé autant !

 

En 2003, je m'étais montré beaucoup plus sérieux ! Enfin, je fais comme je peux : 

 

DU JOUIN ROULÉ MAIN

C’était au siècle dernier : Michel Jouin créait des affiches pour le cinéma. Cela ne nous rajeunit pas. Est-il encore sage d’espérer que quelques-uns parmi vous se souviennent de Jean de Florette, La Voce Della Luna, Indiana Jones, Star Wars… sa nomination aux Césars pour Manon des Sources, son César -partagé avec son fils Gil- pour Cinéma Paradiso ? En 1990, le César ! Quand je vous disais que c’était au siècle dernier. Ce n’est pas une mémoire d’éléphant qu’il faudrait pour se rappeler tous les films qu’il a illustrés, mais celle d’un dinothérium… Et le tout fait entièrement à la main : on flirtait déjà avec l’anachronisme. Heureusement, comme dit l’autre, le progrès fait rage. Un dernier effort et, Dieu merci ! l’ordinateur sera à la portée des caniches. Il ne restera plus qu’à descendre les affiches de cinéma au ras du trottoir pour les mettre, elles aussi, à leur portée. Et une portée de caniches… Mais je ne vais pas commencer à plaisanter, l’actuelle uniformité insipide qui régit la création des affiches me met déjà d’une humeur de chien. 

 

Jean de Florette-Michel JouinJean de Florette - affiche de Michel Jouin 

 

Où il se confirme que le progrès contribue au bonheur de l’humanité : plus porté à cultiver son coup de patte qu’à la lever, Michel s’adonne maintenant entièrement à la peinture. C’est un plaisir pour ceux à qui une maîtrise exceptionnelle procure toujours des émotions. Et il a choisi de consacrer l’essentiel de son art aux animaux. Ça, c’est du vrai Jouin roulé main, et du meilleur ! Les organisateurs du Salon National des Artistes Animaliers ne s’y sont pas trompés, qui l’ont, à l’unanimité des membres du jury, désigné comme le lauréat de leur 27e édition.

 

Vous verrez que ce garçon finira au Muséum d’Histoire Naturelle. Du moins ses œuvres…

 

Michel-Jouin-1.jpg

 

Allez donc faire un tour dans sa galerie.

Partager cet article
Repost0
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 21:00

Il était tôt, ce matin. Dans le ciel bleu, un avion silencieux laissait derrière lui le panache blanc de ses réacteurs. Je ne crois pas aux anges, mais je n'ai pu m'empêcher de penser à l'ami Jacques-Roger emporté par un cancer foudroyant, il y a juste cinq ans aujourd'hui.

Ce n'est pas faire injure à sa mémoire : il était un pétomane prolixe, encore qu'approximatif... Disons qu'au saxophone il était plus suave ! 

 

JRF-2004.jpg  

Il y a dix ans, à peu de jours près, je lui avais consacré une première fois de trop courtes lignes : 

 

Jacques-Roger FORAISON :

LE MAITRE ET L’ARPETE

 

Côté façade :

Mais qui êtes-vous monsieur Foraison ? Non, non, surtout ne me répondez pas. C’est que l’animal peut être abrupt ! Asseyons-nous plutôt devant une tête de veau sauce gribiche et un verre de Saint-Véran. Attention, la tête de veau doit être irréprochable ; pour le Saint-Véran, une belle robe paille, brillante, la bouche riche et grasse, vive et fraîche. L’œil s’éclaire et s’étonne. Ainsi, je serais capable de prévenances ? Un peu comme si j’avais convié, pour lui, l’art à table ou une jolie femme.

-  Alors, maître ?

-  Profites-en pour te payer ma gueule !

C’est loin d’être bien engagé. Je note donc : sujet d’une susceptibilité chatouilleuse. Un autre verre de Saint-Véran ?

-  Entendons-nous : "Maître", c’était pour justifier mon titre. Une petite plaisanterie sans malice.

-  Toi, sans arrière-pensée tordue !

C’est en effet la réflexion que je suis conduit à me faire. (Il faut, à l’occasion, que j’en parle à mon psy.) Au fait, où voulais-je en venir ? Ah oui, au portrait équitable de mon duettiste attitré, de mon Frère Ennemi, comme certains poteaux s’autorisent à le dire. Insolents !

Je n’hésite pas à écrire qu’il y a du Boris Vian chez cet homme : tous les deux ingénieurs, le même goût pour la pataphysique, pour l’un la trompinette, pour l’autre le sax ténor ; avec une comparaison qui tourne à l’avantage de J.R.F. si l’on tient compte d’une faculté supérieure à user d’autres instruments à vent.

Le directeur commercial est atypique. Certes pas pour l’essentiel : il a un sens aigu de ses responsabilités, est attaché aux objectifs qu’il s’est fixés, fait preuve de méthode, etc. Des qualités qu’il ne réserve pas au seul travail et dont notre joyeux collectif d’artistes profite largement. Mais abandonnez l’idée même de le voir un jour cravaté. Détail de second ordre ? Sûrement pas.

Côté jardin :

In vino veritas. Deuxième bouteille de Saint-Véran. Belle descente et jolis raccourcis : l’homme idéal est une femme et l’insecte l’avenir de l’homme. Le vin m’aide à traduire : la rage de pouvoir des hommes, leur égoïsme, leur avidité, voilà l’insupportable ; l’esprit, le corps des femmes, c’est ce qui éclaire la vie ; l’insecte, source perpétuelle d’émerveillements, qui donc, sinon lui, nous survivra quand nous aurons rendu la terre inhabitable ?

Il faut lire dans son besoin d’art et de naturel la désespérance du monde. Jacques-Roger m’assène : « Mon arbre généalogique est un bâton. » Je l’imagine volontiers ayant glissé jusqu’à nous, au long de son mât, depuis le singe primitif. C’est rafraîchissant.

Et le voici, curieux de tout, en quête des matériaux qu’il aime : argiles, ocres, sables, olivier, yeuse ou noyer, et le cuivre, le zinc, le fer, pour l’alchimie de leur oxydation. Mise en œuvre patiente, artisanale et sensuelle. Mais l’art n’est pas qu'une oasis.

La honte de son impuissance devant le malheur et les souffrances provoqués par l’homme l’assaille. Fer à béton, ciment, vestiges de nos civilisations, dépouilles momifiées d’animaux : il nous impose de revenir, par nos répulsions instinctives, sur notre inhumanité routinière. Les noms de quelques-unes de ses créations sont en eux-mêmes évocateurs : Sierra-Leone, Bosnia, Disparition… Moi qui voulais rester léger ! Raté. Il cite avec délectation ses références préférées : The Flying Dutchman, l’Apocalypse de saint Jean. Holà, camarade, on court à la morosité !

Je l’entends, soulagé, me confier d’autres passions : le théâtre, la danse, la musique, vivante surtout, parce qu’elle est éphémère et se partage. Partage : sans doute son maître mot. Avec cet aveu de misanthropie tempérée qu’il faut bien aimer les artistes puisque sans eux il n’y aurait pas d’art. Il a sa famille élective – Dubuffet, Tinguely, Gaston Chaissac, Louise Bourgeois, Egon Schiele, Zao Wou-Ki, Nicolas de Staël – mais ses enthousiasmes ne sont pas comptés, comme son dévouement aux amis artistes en témoigne… Un de ses vents, sonore et modulé, joyeux, dont il n’est pas avare en compagnie d’intimes, conclut en toute familiarité sa confession.

 

Une lapine angora mauve, plutôt appétissante, lunettes de soleil sur le nez, vient nous rejoindre à table en rigolant : « Ça y est ! Je crois que j’ai compris le titre. Qu’est-ce que je dois faire pour avoir moi aussi une interview ? » Je considère mon verre vide, je hausse les épaules. Je ne veux pas avoir d’ennuis avec la Société Protectrice des Animaux.

 

L'ami Jacques-Roger aimait travailler les rebuts récupérés dans les décharges. J'ai pour ses trois "pélerins" une toute particulière affection, en raison d'une symbolique que nos plus proches comprendront. Ils ne quittent pas mon fond d'écran depuis que je me suis enfin décidé à me mettre à l'informatique plus d'un an et demi après sa mort. Après l'avoir fait enrager pendant des années.    

 

les-pelerins-JRF.jpg

  Les pélerins - Jacques-Roger Foraison

 

 

Un deuxième article, en 2003, à la suite d'une de ces indélicatesses dont nos institutionnels locaux sont coutumiers, et pour dire aussi mon plaisir lié à l'acquisition d'une de ses oeuvres : 

 

LES ZOIZOS SONT DES GONDS

 

Il y a quoi ?… Un an et demi ? Jacques-Roger Foraison donnait naissance à son premier oiseau. C’est arrivé sans signe avant-coureur, pas même l’ébauche d’un caquetage. Au demeurant, pas la trace d’une coquille : un casse-tête pour ornithologues. Je ne veux pas m’appesantir sur les pratiques dévoyées que cela laisse deviner.

L’espèce s’avère prolifique, imprévisible, et suscite des coups de cœur qui l’amènent à s’éparpiller jusque dans des foyers de réputation honorable. Rien, là, qui justifie l’indépendance scandaleuse du volatile écervelé dont son auteur s’étonne encore d’avoir découvert la photo dans le calendrier culturel estival qu’édite le Conseil Général. Drôle d’oiseau, avide de reconnaissance, qui tait l’identité de son papa ! Tous droits de reproduction réservés ? Les autres ne se montrent guère plus soucieux des convenances :

 

L’oiselle à molette. – Eh bonjour, monsieur du corclou. Parole d’oiselle à molette, mais que vous avez là une jolie râpe à fromage. Dieu me dévergonde l’enclume ! elle a dû faire bien des ravages dans les plumages, et si votre ramage… Mais je suppose que vous connaissez la suite.

Le corclou. – J’te crois, poulette.

L’oiselle à molette. – Oh ! croa… Croa ! mon dieu qu’il est drôle.

Le corclou (à part). – Elles en pincent toutes pour moi. Y’en a qui dorment plus, tellement le désir les tenaille. Celle-là, je vais lui dérouiller vite fait sa petite culotte en fer blanc.

L’oiseau-serpe (faisant son entrée). – Des fois que vous auriez besoin de moi pour roucouler ? Toi, tu me fiches le camp à la maison, je vais te resserrer les boulons

L’oiselle à molette (à part). – Ciel, mon mari ! (Elle ne bouge pas, parce que l’exposition n’est pas finie).

L’oiseau-serpe. – …Et toi, le noiraud enclouté, tu peux commencer à compter tes écrous, je vais te dessouder en moins de deux.

 

Ils sont comme ça les zoizos de Jacques-Roger. Pas vraiment différents des hommes : il y en a de vaniteux, de délurés, des énervés, quelques véritables têtes de pioche ; il y en a qui sont carrément frappadingues ; d’autres, vous avez l’impression de les avoir déjà entraperçus dans un bistrot, pas spécialement des buveurs d’eau… Je ne vais pas vous faire l’inventaire de l’humanité. Ils sont comme vous et moi. Plutôt comme vous ! Ça ne m’a pas empêché de m’enticher du premier que j’ai vu : un croisement de hache, d’arrache-clou, de petite pelle à charbon et de fer à béton. Un métissage heureux que je me garderai de donner en exemple tant il témoigne d’une activité sexuelle débridée. Depuis que je l’ai ramené à la maison je tremble pour la rampe de mon balcon, mais bon… Pour l’instant, s’il ne chante pas, il m’enchante.

 

l-arrache-clou-1.jpg

 

l-arrache-clou-2.jpg

L'oiseau arrache-clou (H : 0,33) [collection personnelle]

 

J'ai attendu un peu de fraîcheur pour écrire. Le ciel est plein d'étoiles, ce soir. Dans un moment, je ferai le tour des poubelles. Peut-être que j'y trouverai ma petite étoile personnelle.  

Partager cet article
Repost0