Ne nous égarons pas dans les détails décoratifs : je suis un solitaire de bonne compagnie. Faut pas trop me courir sur le haricot, c'est tout !
Par Géhèm




¤ Jim Harrison, Dernières nouvelles chez J'AI LU, 315 pages.
¤ Michel Houellebecq, Sérotonine chez FLAMMARION, 347 pages.
¤ Virginie Despentes, Vernon Subutex (Intégrale) en coffret POCHE
(soit un total de 1240 pages pour les 3 volumes)
¤ Yann Moix, Rompre chez GRASSET, 108 pages.
Du bon Harrison, un fort bon Houellebecq, du très bon Despentes.
Et le petit Moix dans tout ça ? Pas mal du tout... Mais j'y reviendrai.
Lire, chaque jour de l'année, ne serait-ce que quelques pages, je ne pourrais pas m'en passer. Cela va de quelques dizaines à plusieurs centaines. C'est en fonction du temps dont je dispose, de mon état de forme du moment, de la difficulté ou de l'intérêt de l'ouvrage. De la patte particulière de son auteur, surtout : style, ton, sans la qualité desquels le plaisir s'émousse.
Il se trouve que j'ai eu l'envie, en toute fin de semaine dernière, d'acheter un livre rapide à lire et que je pourrais facilement mettre en poche pour y revenir. Ce fut Moix, parce qu'il m'est tombé sous la main. Un coup d'oeil sur la quatrième (ça ne prend pas de temps : "Etre séparés pour toujours reste une manière d'être ensemble à jamais."), l'amusement de retrouver dès les premières lignes la petite chose chiffonnée et mal rasée que j'avais aperçue à la télé, 108 pages très aérées : ça ferait l'affaire. Le dernier Houellebecq était à côté. Allez, je me suis dit, ça fera le week-end. Et, comme il y avait un peu de monde devant moi à la caisse, un détour éclair au rayon des Poche où je me suis laissé tenter par les trois ultimes nouvelles de Jim Harrison et la trilogie Subutex de Virginie Despentes (un coffret plaisant).
Je les ai lus dans leur ordre d'acquisition.
Il a eu un gros bobo d'amour-propre qui dure, notre Yannounet. C'est ce qu'il raconte, ma foi, plutôt bien. Les petits malheurs des autres, ça s'avale comme un verre d'eau, d'autant que l'écriture est tenue. Rien d'exceptionnel, mais ça se laisse lire. Et puis patatras...
Page 99 : ...elle s'ébroue ailleurs, tournée vers des choses qui ne me concerne pas.
Tomber de son fil si près de la fin ! Après, forcément, ce n'est plus pareil.
Alors, quand au bas de la page 101 j'ai lu : ...Je deviens l'ennemi des ouvertures. Je suis un compas fermé. Je contre-existe. Je contre-vis. Je contre-respire..., je ne me suis même pas surpris d'ajouter : Et je contre-pète. Ensuite de quoi je l'ai regardé sans grande empathie finir de se lécher le nombril.
Les cinq autres livres, je les ai lus, non pas d'une traite, mais avec des difficultés à les abandonner quand je le devais. C'est assez dire le grand plaisir que j'ai pris à les lire.
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