Ne nous égarons pas dans les détails décoratifs : je suis un solitaire de bonne compagnie. Faut pas trop me courir sur le haricot, c'est tout !

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LES MIETTES DE LA NUIT (10)

 

10

 

   Des deux côtés de la petite route poussiéreuse, des champs nus, craquelés, s’étendaient à perte de vue sans relief. Dans les rétroviseurs, les disques du soleil lui renvoyaient une lumière aveuglante. La fatigue pesait sur ses paupières irritées. Sa voiture fit une embardée qu’il contrôla péniblement.

   L’inspecteur essaya de se reconcentrer. Sa volonté n’arrangea rien ; il jugea sage de se garer. Sa vie, ces derniers temps, avait pris un tour compliqué. Il se mit à penser au corps mince de Marina qu’il avait laissée dans son lit, à la tiédeur parfumée de son cou, à ses petits baisers aigus. Il ne put s’empêcher de penser à sa femme, avec un sentiment de culpabilité déplaisant. Il ne tarda pas à dormir.

   Il avait la tête lourde en se réveillant ; sa chemise collait au siège. Il remit le contact, poussa la climatisation à fond, et engagea dans le lecteur une bonne vieille cassette du Bird. La souplesse aérienne de Just friends lui apporta le réconfort de sa légèreté. Il lui restait, sans se presser, un gros quart d’heure de route à faire ; il prit son temps avant de desserrer le frein à main. Quelle mouche l’avait donc piqué, en apprenant de Marina que ces deux enfoirés de bougnouls étaient partis se goberger pour la journée avec l’autre cervelle de piaf ? C’est ce qu’il ne parvenait pas exactement à démêler.

   Il crocheta sans peine la serrure de la baraque. Tout était impeccablement nettoyé et rangé. Leur fortune tenait dans une armoire de chantier : des vêtements, quelques paires de chaussures éculées, deux sacs de voyage. Pas un objet perso, pas même un tapis de prière. Pas une lettre, pas la moindre photo. Seuls, quatre livres défraîchis, aux nombreuses pages cornées, apportaient un éclairage baroque sur leur passé. Il feuilleta pensivement le Manifeste du parti communiste, se contenta de donner un coup d’œil aux trois autres : De la démocratie en Amérique ; De la division du travail social de Durkheim ; Les pierres sauvages de Fernand Pouillon. Quelque chose clochait ! il y avait un élément du puzzle qu’il n’arrivait pas à faire entrer dans sa tête. 

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A
C'est fou ce que je lis vite, j'suis passée du chapitre 2 au 10. <br /> Génial, ce début, c'est très fort.
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G
Je t'ai facilité la lecture. :o)<br /> A l'origine, la première partie était complète. En fait, j'avais le souhait de supprimer beaucoup plus d'éléments après le passage catastrophique à la nouvelle version d'overblog. Ce sont leurs dysfonctionnements qui m'en ont empêché (je l'explique dans le dernier article de la série LES MIETTES...).<br /> Initialement, le roman devait compter deux parties. J'en ai ajouté une troisième, ainsi qu'un épilogue.<br /> Je n'ai apporté, par ailleurs, que d'infimes corrections à ce qui reste en place.<br /> J'espère que tu y trouveras un peu de plaisir.
F
J'ai eu il y a quelques temps la même réaction à propos du Clovis..<br /> Bon je vois que nos deux compères ont quelque chose dans le crâne.. sont-ils des sous-marins ? Ou sont-ils punis ? L'intrigue m'intrigue... MDR<br /> Bonne journée. Bises
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G
<br /> <br /> Intrigue ? Je t'assure, chère Fafan, tu as dit intrigue ! <br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> <br />
N
euh bonsoir ?<br /> et vlan passe-moi l'éponge! :-))
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G
<br /> <br /> Gouzi gouzi ! <br /> <br /> <br /> <br />
C
voir mon blog(fermaton.over-blog.com)
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G
<br /> <br /> J'aime assez que pour une première visite on me dise bonjour quand on m'incite à me rendre chez soi, ça ne mange pas de pain.<br /> <br /> <br /> ...Je suis venu, j'ai lu, j'ai repartu.<br /> <br /> <br /> <br />