Ne nous égarons pas dans les détails décoratifs : je suis un solitaire de bonne compagnie. Faut pas trop me courir sur le haricot, c'est tout !

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LES MIETTES DE LA NUIT (13)

 

13

 

   La rive gauche du canal bruissait du mouvement continu de la foule et du lent défilé des voitures. C’était le troupeau des touristes et ses grumeaux : ceux qui s’attardent en bord de quai à lire les horaires des promenades en mer ou à rêver devant les ponts des petits cabin-cruisers rutilants ; ceux qui, sur le large trottoir opposé, s’immobilisaient aux terrasses des restaurants pour y consulter les menus.

   Ils se fondirent joyeusement dans le flot moutonnier. Marie-Claude les stoppa devant Le Galion et sa carte démesurée, leur commentant des prix à donner le vertige, avec la désinvolture d’une héritière. Derrière une haie basse de pittosporums odorants soigneusement taillée, des tablées de rupins indifférents à l’indiscrétion des badauds jouaient de la fourchette et du couteau dans une bulle musicale feutrée. À l’ombre des grands stores, entre les chaises aux épais dossiers tapissés, d’élégants photophores lançaient leurs reflets vacillants sur les nappes blanches moirées et la vaisselle précieuse de plusieurs tables inoccupées.

   - C’est un rien chicos, mes chéris, mais vous verrez que la tortore vaut le détour. J’ai une faim de louve ! Venez, on va s’en barbouiller jusqu’aux oreilles.

   Lu protesta qu’une assiette de moules-frites, au snack qu’ils avaient dépassé, serait aussi sympa et davantage, comment pouvait-il dire ça ?… dans sa philosophie. Momo pinçait le bas de sa chemise pour endiguer la sueur froide qui s’était mise à dégouliner dans son dos.

   - Si vous avez du goût pour le graillon, la promiscuité et le boucan, libre à vous mes trésors ! Moi, j’ai assez de la semaine pour me farcir les joies du populo. Un brin de luxe ne nuit pas forcément aux prolos : vous vérifierez ça rapidement. Ce sont quand même pas ces vieux machins guindés qui vous intimident, mes gentils pedzouilles ? Si on leur avait chouré leur dentier à l’accueil, vous en verriez les deux tiers obligés de siroter leur bouillabaisse à la paille. Allez, donnez-moi le bras, on y go !… Nous sommes trois, annonça-t-elle, avec la plus parfaite évidence.

   - Ces messieurs et dame avaient-ils réservé ? s’enquit un loufiat boutonneux, déjà impeccablement domestiqué pour son âge… Je dois aller me renseigner, en ce cas.

   - Fais donc cela, mon chaton, et reviens vite ! lui dit-elle maternellement, en bombant avantageusement la poitrine.

   Il rappliqua sur les talons d’un maître d’hôtel circonspect, dont le sourire bon enfant s’épanouit aussitôt qu’il eut aperçu Marie-Claude.

   - Bonjour, Charles. Vous allez bien nous proposer une table tranquille en terrasse ? Nous apprécierions, si possible, d’être à l’écart du troisième âge, ajouta-t-elle du ton le plus suave, en toisant une rombière liftée qui les dévisageait sans affabilité.

   - Mais certainement, mademoiselle, j’ai dans le coin du fond une table pour quatre qui devrait être à votre convenance.

   - C’est aussi idéal que vous le dites, Charles ; l’air y sera moins insalubre, soupira-t-elle, en passant à côté du chef-d’œuvre en péril qui palpitait d’une indignation inquiétante pour la survie de son ravalement.

   - Je peux offrir à mademoiselle et à ces deux messieurs notre apéritif maison, pendant qu’ils réfléchissent à leur choix ?... Je m’autoriserai seulement à prier mademoiselle de montrer un peu d’indulgence pour notre jeune ami : il n’est encore qu’aux prémices de l’art.

   - Mais il est tout mimi ! Ça va aller comme sur des roulettes, Charles, promit-elle, s’attendrissant de la rougeur subite qui enflammait l’acné de l’apprenti loufiat… Apportez-nous plutôt une bouteille de Chablis : nous allons prendre le plateau royal et nous verrons ensuite, en fonction de ce qu’il nous restera d’appétit.

   Momo et Lu demeuraient interdits, agitant en eux-mêmes les réflexions les plus contradictoires. Ils laissaient de côté quelques questions brûlantes trop évidemment propres à gâcher le plaisir de Marie,… autant (il leur fallait se l’avouer !) que le bien-être insidieux qui commença à les gagner dès le Prélude gourmand de petite friture avalé avec les premières gorgées de Chablis. 

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C
elle est sympa la minette! :-))
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G
<br /> <br /> Et mes lectrices, hein, elles ne sont pas sympas mes lectrices ? <br /> <br /> <br /> <br />
G
@ Dan, Dany, Fanfan<br /> Merci, en somme, de me manifester votre impatience.<br /> J'aimerais moi-même avancer plus vite vers la conclusion (encore que la fin soit déjà écrite), et donc vers une version papier, mais je suis loin d'avoir toujours la disposition d'esprit et de<br /> temps qu'il faudrait.<br /> Bises et bonne journée.
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F
Comme Dan je piaffe d'impatience... et je préfère aussi la lecture-papier, mais bon on fait avec ce qu'on a... Na !<br /> Bises du soir
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G
<br /> <br /> Bises du soir, espoir !<br /> <br /> <br /> Bises du matin, regain !<br /> <br /> <br /> <br />
D
Bonsoir Géhèm,<br /> entièrement d'accord avec Dan,c'est frustrant d'attendre !!!<br /> Il porte bien son titre ton roman ;0)))<br /> Bises
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G
<br /> <br /> Je veux des lectrices épanouies, pas des frustrées ! <br /> <br /> <br /> Bises Dany<br /> <br /> <br /> <br />
D
Tu parles de celle qui se révolutionne depuis belle burette et qui va passer l'arme de son côté avant d'en voir les effets? Oui!, alors tu peux imaginer la frustration, hein?
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G
<br /> <br /> La révolution, le voilà le feuilleton frustrant ! Faut-il que je t'explique qu'on n'en voit jamais le bout ? <br /> <br /> <br /> ...Spécialement pour toi, je vais faire un effort considérable : les chapitres à venir sont tous programmés à 00 h 05, eh bien j'avance la publication de celui de demain à 00 h<br /> 01. <br /> <br /> <br /> <br />
D
Ouais, bon, si tu veux, sauf que MOI, je n'écris pas sur la toile un feuilleton frustrant qui oblige à attendre pour connaitre la suite!
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G
<br /> <br /> Ben dis donc, tu serais pas de gauche, TOI ? Tu voudrais pas tout, tout de suite ? <br /> <br /> <br /> Bises.<br /> <br /> <br /> <br />
D
Je veux le vrai bouquin! grrrrrrrrrrrr!!!!!!!!!! Je n'aime pas lire comme ça, sur un écran et en plus par petits bouts!!!!!!!!! Na! Je l'ai dit!<br /> Tu le publies quand?
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G
<br /> <br /> Moi non plus je n'aime pas lire sur un écran, na ! <br /> <br /> <br /> ...Ce qui ne m'empêche pas de prendre plaisir à te lire. <br /> <br /> <br /> De toute façon, j'ai décidé que je ne mettrai sur mon blog que la première partie... peut-être quelques éléments épars de la suite.<br /> <br /> <br /> La publication, ce sera quand tout sera écrit à ma convenance. Na na na ! <br /> <br /> <br /> Bises.<br /> <br /> <br /> <br />