Ne nous égarons pas dans les détails décoratifs : je suis un solitaire de bonne compagnie. Faut pas trop me courir sur le haricot, c'est tout !
Par Géhèm
LE PETIT MUSEE du BIZARRE se trouve chez CANDIDE Marchand de Vieilleries et Montreur de Curiosités à LAVILLEDIEU - 07. Téléph. 28
Rien qu'à la lecture du numéro de téléphone... Eh oui, ça ne date pas d'hier.
Je viens de ranger à l'instant le catalogue dédié à l'Art Brut que Serge TEKIELSKI (1931-2002), plus connu sous le nom de CANDIDE, m'avait offert lors d'une première visite il n'y a pas loin de 50 ans. Tout petit catalogue empli de souvenirs. Dans la tête encore pour quelques minutes, avec l'illusion d'un sourire retrouvé, la trace d'une citation narquoise exprimant la défiance qu'il avait à l'égard des institutions : "Dans le cadre du plan, compte tenu du schéma directeur et des nouveaux projets d'infrastructure et d'organisation des loisirs, il y aurait bien à faire, etc, etc, etc..." C'est chez lui, à cette occasion, que j'ai découvert la peinture de Lattier.
A Candide j'ai rendu une dernière visite peu de mois avant sa disparition, sur l'insistance d'une amie. Ce n'était pas pour revoir les oeuvres de Lattier dont j'avais entre-temps vu plusieurs expositions. Le motif importe peu, nous avons repassé ensemble un moment plaisant... Je n'ai jamais rencontré Gérard Lattier. L'occasion ne s'en est pas présentée et je ne l'ai pas recherchée.

Il me plaît bien pourtant Lattier au travers des documents que j'ai vus sur lui. Le bonhomme, ses histoires... Même sa peinture. Surtout celle de sa première période, celle qu'aimait aussi Clovis Trouille avec lequel il a échangé une bien intéressante correspondance réunie dans un ouvrage toujours disponible chez Actes Sud.
J'avoue être moins sensible à sa palette d'aujourd'hui, mais je ne vais surtout pas lui reprocher d'avoir trouvé la lumière qui l'a arraché à ses vieux tourments et en fait, au fond, un fils apaisé du facteur Cheval.

Affiche pour le Palais du facteur Cheval >
A Hauterives (26)
"Cheval, c'est bien qu'il ait existé celui-là. C'est le langage universel. Mais c'est dommage, Ferdinand, il fait toujours la gueule, alors je l'ai peint avec le sourire ! Respect, tendresse et fraternité."
Voilà ! le Lattier d'après la guérison de sa cécité c'est ça : un peintre qui veut voir la vie avec le sourire. Et sa peinture aussi accroche un sourire sur le visage de qui la regarde.
Moi, je m'en contente.
Ce qui me suffit vous plaira peut-être...
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