16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 11:38

* J'aurais pu choisir : "Tout finit en purée".

Une de ces phrases (toutes frappées, quoi qu'on en dise, au coin du bon sens) qui sont la marque du Concombre masqué (lui-même indépassable condiment de l'humour absurde).

 

Eh bien voilà ! Depuis que tout le monde réclame à cor et à cris la disparition du masque, il fallait s'y attendre : Mandryka est mort.

Retour sur un parcours désastreux au terme duquel, vous serez obligés de le reconnaître, ce grand cornichon n'aura jamais su adapter le port de son masque aux circonstances présentes (permettez-moi de vous le dire : quel exemple !) :

Enfin, ce que je dis !... On ne peut certainement pas tout mettre sur le dos du covid...

Mais, sérieusement, ça commence à faire du monde qui manque à l'appel !

Il va de soi, je le précise pour les âmes pointilleuses et sensibles, qu'il est totalement absurde d'assimiler Mandryka à son personnage. Ouf !

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 04:30

Au-delà du catalogue Le pétrole vu par cent peintres, dont sortiront peut-être de nouvelles informations à partir des recherches qu'elle a entreprises, c'est à une dernière trouvaille tout à fait séduisante qu'Irène Ducrocq a pu porter un intérêt actif.

 

Paris, le 8 juillet dernier. A l'initiative de Millon & Associés, était présenté à la vente un lot d'Art Moderne de très belle qualité (comme en témoigne l'autoportrait de Jeanne Hébuterne, compagne de Modigliani) dont la pièce maîtresse - un Nu aux mains croisées en bois [H : 106 cm] sculpté par Alexander Calder en 1927 et estimé entre 150 000 et 200 000 € - s'est envolée à 520 000 €.

Rien d'approchant pour L'atelier du peintre de Jeanne Daour (huile sur toile de 161x96) qui en faisait partie et était estimé entre 600 et 800 €. Mais, au contraire de nombreuses oeuvres qui n'ont pas rencontré d'acquéreur, la toile a trouvé preneur à 1433 € . A ce prix-là, incontestablement, un amateur de peinture avisé. Présente à Paris, le jour de l'exposition publique (à la veille de la vente), Irène Ducrocq avait pu voir le tableau accroché aux cimaises et en discuter avec l'experte qui n'a malheureusement pas eu de détails biographiques à lui donner.

Nous nous satisferons de la reproduction proposée par le site de la maison de ventes, dont la définition nous permet d'apprécier l'excellent état de conservation de l'oeuvre originale.

Une reproduction qui met en valeur la fraîcheur de la palette et une vivacité de facture remarquable tout en autorisant une qualité de zoom intéressante.

L'oeuvre datée de 1951, en bas à droite, et signée DAOUR à l'envers, au dos de la verrière (à proximité immédiate de la porte), appelle quantité d'observations captivantes que je me garderai de développer ici.

Blog d'humour, n'oublions pas. Le seul fait que je sois encore chez OverBlog en témoigne.

Je remercie celles et ceux qui auront eu la patience de rester jusqu'au bout.

Une dernière image pour vous récompenser, ça vous va ?

Jeanne Daour - crayon (1939).

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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 14:09

Retour sur le "catalogue à surprises": Le pétrole vu par cent peintres (Musée Galliera,1959).

 

Entre Roger Crusat [qui s'y trouve orthographié fautivement CRUZAT] et Jacques Despierre, dont je n'ai pas vu les toiles sélectionnées, nous avons découvert grâce à Irène Ducrocq L'Artiste et le Pétrole de Jeanne Daour.

C'est en revenant sur la participation de Jacques Yankel - Derrick de nuit - et en l'examinant avec attention que nous saisirons mieux les difficultés qui peuvent se rencontrer dans une reproduction en noir et blanc.

Répondant, le 28 avril, à mon souhait de découvrir le derrick de Yankel, Irène Ducrocq m'écrivait : Je n'ai pas vu "Derrick dans la nuit" dans le catalogue raisonné(1). Il y a des oeuvres de la même époque, aussi en noir et blanc... Je vous joins une photo pour que vous ayez une idée, en attendant de pouvoir faire de vrais scans.

(1) Le catalogue raisonné de Yankel recense à ce jour 7 derricks répertoriés sous les n°

- 528 & 700 (année 1958)

- 701 (année 1959)

- 702, 931, 932, 933 (années 1957/1959)

Pour aller au plus court, j'ai rapproché le n°701 (huile sur toile de 110x110) de la toile qui fut exposée au musée Galliera...

...Avec la tentation de conclure qu'il s'agit de la même. Est-ce le cas ? Une grande majorité des éléments tend à me le faire croire, certains détails me donnant cependant à penser qu'elle a pu être partiellement retravaillée. La faible qualité de la réduction en couleur n'en facilite pas l'examen. (Peut-être Dinah Kikoïne, fille de Jacques Yankel, pourra-t-elle apporter une lumière nouvelle sur cette oeuvre.)

 

(NB)

En date du 26/08/20, Dinah Kikoïne me confirme :

Le derrick : il s’agit bien entendu du N° 701 de la base de données. Dans ces années là, mon père a peint plusieurs toiles et lithographies, entre autre à la demande de la Cie Esso et du mari de sa soeur qui possédait une société de forage, la Forex. Les reproductions servaient aux cartes de voeux de ces sociétés, cadeaux de lithos aux actionnaires et autres clients. Pour la petite histoire une des invitations représente une station essence Esso. Mon père était d’autant plus intéressé qu’il avait été peu de temps avant, en tant que géologue en Afrique du nord pour faire des recherches sur de possibles gisements.

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Certains seront sans doute intéressés par la confrontation des reproductions noir&blanc et couleur d'une autre toile figurant au catalogue.
Il s'agit de La Raffinerie de René Margotton que j'ai découverte en fin de mois dernier.

Les liens ont été ajoutés au bas de l'article.

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Mais c'est une autre double découverte d'Irène Ducrocq qui m'a tout particulièrement réjoui...

Nature morte vers 1955 (21x25) Acquisition Centre National des Arts Plastiques (1955)

Crédit photo : Yves Chenot

 

Très joli petit format accompagné d'un détail prometteur :

"La fiche renseigne la nationalité, et précise : roumaine avant 1948
S'il y a eu une naturalisation, je peux me renseigner sur la possibilité d'en savoir plus."

 

Dans le même message, Irène mettait en avant François Gall, autre participant à l'exposition Le pétrole vu par cent peintres, dont elle venait d'étudier la fiche Wikipédia et me soulignait sa communauté d'origine avec Jeanne. Ce qui, à mes yeux, est loin d'être sans intérêt, au moins pour un détail. C'est ce qu'exprimait ma réponse :

 

Très rapidement encore, sur François Gall, un peintre dont je connaissais un peu l'oeuvre (peinture très élégante et, pour finir, assez mondaine) : j'avais relevé cette communauté relative d'origine entre Jeanne et lui, que vous me signalez, et qui a pu les rapprocher un moment (autant que leur fréquentation d'Othon Friesz) d'autant que leurs dates de naissance sont très proches. Leurs fins de vie, également très proches sans doute, sont en revanche diamétralement opposées et je doute qu'il y ait à chercher dans cette période quelque relation que ce soit entre eux.

Le point important étant que François Gall a obtenu sa nationalisation en 1949.

(Ionesco, par ailleurs, en 1950)

Il n'est pas impossible que Jeanne - qui pouvait alors bénéficier du réseau relationnel de Jerome Hill - l'ait obtenue dès 1948.

Sur ce point, nous en sommes encore là aujourd'hui.

Mais, l'intérêt d'Irène pour Jeanne ne se démentant pas, c'est une autre belle surprise que j'aurai à vous proposer dans un billet prochain.

(A suivre...)

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Pour conclure celui-ci :

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 16:44

Un catalogue à surprises...*

 

La surprise initiale...

Un message d'Irène Ducrocq sur mon adresse contact le 7 avril dernier, en pleine période de confinement (que mon adresse contact, depuis longtemps défaillante, ait joué son rôle était en soi déjà une heureuse surprise) :

Bonjour Géhèm, Jeanne Daour a exposé une toile « L'artiste et le pétrole » au musée Galliera en 1959, lors d'une exposition organisée par Shell-Berre : Le pétrole vu par cent peintres. Ma source est le catalogue de cette exposition. Les reproductions sont en noir et blanc. Le tableau est un autoportrait ; en arrière-plan, lampes et bougies devant une fenêtre, un bout de mur avec deux esquisses. Moi aussi, elle m'a touchée.

Cordialement.

 

Pas de photo, le formulaire de contact ne le permet pas.

Le surlendemain, pouvait me parvenir - à mon adresse mail, cette fois - image du catalogue en question et de sa page de présentation...

* Le pétrole vu par cent peintres

5 octobre 1959. Catalogue de l'exposition Le pétrole vu par cent peintres

Editeur : Musée Galliera - Paris

Imprimeur : L'EDITION ARTISTIQUE - Paris

Présentation :

Une préface pages 5 et 6

Reproductions en N & B de peintures à l'huile de 103 artistes peintres

Artistiquement, je ne doute pas que vous ayez déjà vu catalogue plus engageant.

Du moins est-il pleinement inspiré par l'esthétique dominante des années 50 et en accord avec l'affiche de l'exposition que conçut Paul Colin, l'un des affichistes les plus intéressants et les plus sollicités de l'époque (ajout personnel)...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais l'essentiel était là...

La reproduction pleine page de la toile conçue par Jeanne Daour :

Regret, bien sûr, que le catalogue ait été imprimé en noir et blanc.

Irène Ducrocq me précise :

Beaucoup de peintres ont répondu à la commande en représentant des raffineries. D'autres ont choisi des derricks, des pétroliers. Certains ont traité le sujet des usages domestiques : pompes à essence, lampes à pétrole, réchaud de camping. Jeanne Daour est la seule à avoir fait un autoportrait. En arrière plan, c'est peut-être un tableau, et pas une fenêtre, comme je le pensais tout d'abord.

Il me faut dire que l'image ici reproduite l'a été grâce à un appareil photo. Alors contrainte de rester chez elle, privée de scanner, Irène Ducrocq m'a fait la proposition de scanner l'ensemble du catalogue dès qu'elle le pourrait (je n'en demande pas tant) et m'informait de ce qu'elle avait entrepris des recherches sur chacun des peintres représentés dans l'espoir de repérer un potentiel témoin (ce qui l'a conduite jusqu'à mon blog).

Dire ensuite que, si l'absence des couleurs d'origine ne facilite pas l'analyse du tableau, la première interprétation paraît être la bonne : il faut voir dans le grand motif de droite une fenêtre dont la vitre fermée sur la nuit reflète les objets du premier plan (lampes, bouteille, etc...). Un environnement d'atelier banal qui nous plonge de façon sensible dans le quotidien de Jeanne.

 

C'est un temps considérable que nécessitent des investigations à mener sur 102 autres créateurs dont à ce moment j'ignorais jusqu'au premier nom. Voulant, en date du 16 avril, en féliciter Irène, j'avançais en conclusion d'un courriel :

PS : En songeant à Jeanne, je ne peux m'empêcher de penser que Jacques Yankel qui vient de disparaître l'a peut-être connue.

Je vous laisse le lien de l'article que je lui ai consacré sur mon blog (qui sait si quelques noms qui y sont évoqués dans une pièce rapportée ou l'autre ne figurent pas dans le catalogue Shell-Berre ?)

http://gehem.over-blog.fr/2020/04/jacques-yankel-1920-2020.html

 

Retour de courriel : Jacques Yankel faisait partie des "100" de cette exposition, avec un tableau intitulé "Derrick de nuit". (Nous y reviendrons plus tard.)

L'information était accompagnée de la liste complète des exposants.

Un certain nombre d'entre eux étaient liés, d'après ce que j'ai pu déduire de la lecture des pages wiki, me précise Irène.

L'un d'eux, Maurice Buffet, habitait à Coulomb, en Eure-et-Loir, un village voisin du mien, et c'est peut-être pour cela que j'ai trouvé le catalogue ici. (Jeté, j'adore faire les bennes). C'était il y a dix ans, et voilà ce confinement qui me donne l'occasion de m'y consacrer enfin.

Insérer ici la liste des 103 prendrait trop de place. Je l'ai cependant épluchée, je crois, autant qu'il m'était possible, dans l'optique de dégager de nouvelles pistes qui auraient rapproché l'un ou l'autre de Jeanne.

Une grosse poignée de signatures dont je connaissais assez largement l'oeuvre (Brayer, Carzou, Toffoli, Waroquier, Paul Colin...), deux petites poignées de noms dont j'avais rencontré quelques réalisations. Pour le plus grand nombre, inconnus au bataillon : c'était le cas de Maurice Buffet (la renommée de son homonyme a dû lui faire pas mal d'ombre) dont j'ai découvert pour l'occasion d'assez nombreuses reproductions avec plaisir, sans en être bouleversé.

De tout ce monde, par ailleurs talentueux, qui reste-t-il aujourd'hui ? Aucun de ceux qui autour de la filiation artistique d'Othon Friesz auraient été les plus susceptibles d'avoir connu notre Jeanne. Un survivant, Claude Yvel (90 ans, cette année) dont je doute que son activité ait pu l'amener à connaître les circonstances de sa fin de vie.

 

A quelques semaines près, j'aurais peut-être pu interroger Yankel, en me gardant bien de penser qu'il aurait été en mesure de m'en apprendre davantage qu'un autre. C'est, en tout cas, en faisant part de ces réflexions à Irène que je lui exprimai ma curiosité de découvrir son "Derrick de nuit" pour vérifier s'il figure sous l'une des sept références que j'avais notées dans l'ébauche de son catalogue raisonné... PATIENCE !

 

Dans son tout dernier courriel en date, Irène Ducrocq me donnait le lien d'une archive du Monde dans laquelle sont cités une grosse quarantaine d'exposants. Jeanne Daour n'en fait pas partie. S'agissant d'un article réservé aux abonnés, peut-être est-elle présente dans la partie à eux seuls accessible.

 

Entre-temps, outre l'approche du tableau de Yankel, d'autres surprises m'avaient réjoui.

Point trop n'en faut étaler d'un coup sous peine de lasser.

 

(A suivre...)

 

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 17:35

Christo (13 juin 1935 - 31 mai 2020)

 

¤ Un peu de mal à me montrer léger en ce moment, mais j'ai de bons exemples, ça va viendre...

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 19:10

C'est un de trop, je n'arrive plus à suivre.

Je me doutais bien qu'il n'était pas au sommet de sa forme après avoir noté l'absence de quelque réaction que ce soit de sa part lors du décès de Jean-Loup Dabadie (lequel aura été éclipsé sur ce blog par la mort de BAPS à la même date - on le comprendra). Il n'empêche, je me suis laissé prendre de court.

Je l'aimais, Bedos : son humour, ses rôles, ses combats... Mais comment lut-ter face à la richesse des informations dont disposent les médias nationaux? J'ai dû me rabattre sur ma seule pièce d'archive. Datée du 19 mai 2010, rends-toi compte, ça n'est pas d'hier !

Pauvre de moi ! je viens en outre de mélanger les photos (ce que l'on pourrait nommer lapsus imaginis). Pardonne-moi : trop las pour en changer. Si tu veux bien, je vais tenter de me racheter comme ça :

IL FAUT RIRE DE LA MORT ! SURTOUT QUAND C'EST LES AUTRES.

 

¤ Je vais finir par devenir expert dans l'art d'accommoder les restes.

Pour la petite histoire...

Guy Bedos : 15.06.1934-28.05.2020

Pour Morano, j'attends toujours les chiffres... (Cela en écho au commentaire de JP : On n'est pas près de gagner au loto avec la Morano.)

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 17:51

Il était déjà tard, avant-hier soir, quand le téléphone a sonné. Un coup d'oeil sur l'écran, je savais déjà que la nouvelle ne serait pas bonne. Ce que la voix m'a confirmé : "J'ai une mauvaise nouvelle à t'apprendre... (Je n'aurais pas dû nécessairement penser à toi avant d'entendre la suite, c'est pourtant ce que j'ai fait)... Baps est mort".

C'était peut-être la première fois - je ne m'en avise qu'à présent - que tu n'as pas réussi à m'étonner. Et c'est peut-être aussi que je n'ai plus l'humour à toute épreuve, car nous avions réussi jusqu'alors à sourire de tes pépins de santé, mais je n'ai pas encore su trouver drôle cette dernière bizarrerie qui t'a emporté. Syndrome de Guillain-Barré : a-t-on idée, alors que nous avons un covid 19 flambant neuf, d'aller choper cette rareté poussiéreuse...

Luce m'a dit les souffrances que tu as endurées et son soulagement de t'avoir retrouvé hier, apaisé. Je tiens l'oubli de nos douleurs pour le meilleur des remèdes. Tu l'as trouvé.

A nous, tes amis, de continuer à faire vivre le souvenir de tous les bons moments partagés, verres et rires, autour de nos complicités artistiques.

Je le fais aujourd'hui ici, à ma façon, car ta présence y est forte. Tu m'auras accompagné fidèlement depuis les premiers jours de ce blog, alors que je n'en avais fait qu'une mention fort distraite autour de moi, et tu y as ta place au fil des ans en de nombreux endroits. Je vais m'attacher à les rassembler pour que celles et ceux qui seraient tentés de te faire quelque affectueuse révérence (il se peut même qu'on y voie des dévots) s'y retrouvent.

 

Ta mémoire te jouait quelques tours depuis des mois, me disais-tu, et c'est sa défaillance en effet qui s'est trouvée l'an dernier à l'origine de la disparition de ton premier site :

Tu t'es donné du mal pour construire le nouveau et certain(e)s ont déjà eu l'occasion de t'en féliciter (même si je sais que tu ne lisais que rarement les commentaires). Peut-être l'aurais-tu complété : alphabaps, vitraux... Tant d'oeuvres et d'informations qui se sont perdues avec le précédent.

Quelques-uns de mes articles combleront imparfaitement certaines absences.

Aucun l'absence de l'ami. J'allais dire : rappelle-toi...

Je regarderai définitivement de travers les années bissextiles.

Salut l'andabate, salut l'artiste !

 

Et à toi, Luce, toutes mes pensées les plus affectueuses.

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L'autoportrait de BAPS provient de l'affiche qu'il avait créée pour l'exposition RETROSPECTIVE BERNARD VINCENT de 2016, laquelle s'était tenue dans le cadre de l'ancien Palais des Evêques de Bourg-Saint-Andéol.

 

A COMPTER D'AUJOURD'HUI :

Pages (colonne droite du blog)

9. BERNARD VINCENT (BAPS)

La page regroupera, pour l'essentiel, les articles que j'ai pu lui consacrer à un titre ou un autre...

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 13:56

 

Immense Piccoli dont je viens d'apprendre la mort.

Les images se bousculent...

L'embarras du choix. Et on verra certainement beaucoup les mêmes.

Pour moi, une évidence : celles-ci, précisément, de "Milou en mai"...

Milou en mai - BO, Stéphane Grappelli

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Ti Suisse, toujours prompt à élargir les sujets (et à leur faire prendre de l'altitude), m'a donné l'envie d'insérer ici cette courte réflexion en images.

Marco Siffredi (1979-2002)

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:04

 

Icare contrecarré

 

Je gardais cette photo sous le coude depuis des années...

Alors, en apprenant la mort de son auteur, ce matin, je n'ai pu m'empêcher de reprendre le titre de l'article que Valérie Duponchelle lui a consacré dans Le Figaro d'hier, en fin d'après-midi, et de l'y associer.

 

Un photographe que j'avais découvert au tout début des années 2000 et dont le travail n'a cessé de me réjouir.

Maintes fois, je m'étais proposé de lui consacrer un billet sur ce blog. Et puis mon esprit est parti sautiller ailleurs.

 

 

 

 

Retour en photos sur le

parcours artistique de

l'étonnant Mister G né le

21 juin 1929 à La Ciotat...

Pour ceux qui n'auraient pas le réflexe d'aller regarder ce vidéo-clip sur son site :

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 18:45

Photo : Matthieu Dupont.*

J'aurais aimé en rester à ces informations de mi-décembre dernier et à cette vidéo dans laquelle il était encore plein de cet enthousiasme joyeux dont je ne l'ai jamais vu se départir. Une chute survenue à son domicile aura mis un terme à ce miracle de vie. Il est mort dans la nuit du 2 au 3 de ce mois à l'hôpital d'Aubenas, à quelques jours de ses cent ans, qu'il aurait eu le 14 prochain.

C'est un message d'Anne Lüscher** déposé sur ma page CONTACT qui m'en a appris la nouvelle avant-hier, en début de soirée, alors que ses obsèques avaient eu lieu la veille à Labeaume dans la plus stricte intimité familiale, compte tenu des mesures de confinement actuelles.

 

C'est, entre autres, à sa page Wikipédia que nous devrons de le retrouver un peu désormais. Dèjà fournie, elle ne demande qu'à être enrichie.

Un site de préparation de son catalogue raisonné est en ligne depuis 2017 et accueille à ce jour 1725 oeuvres. Pour toute entrée nouvelle, prière de s'adresser à sa fille :

 

Dinah Kikoïne

7, rue Fernand Couturier 91120 Palaiseau

dinahkikoine@free.fr

téléphone : 01 60 10 05 95

 

J'avais eu, en octobre 2018, le plaisir de publier ici même un billet dans lequel j'espère que certains rencontreront l'occasion de le retrouver, tel qu'ils l'ont connu, et d'autres celle de le découvrir au mieux de sa verve.

J'y avais évoqué sa donation de 1987 au musée de Noyers. Je suis heureux d'apprendre qu'il l'avait complétée presque au lendemain de ma publication.

Ecoutons-le encore une fois (j'ai sa voix au creux de l'oreille) :

 

DISCOURS NEGRO

Ma vie a été une improvisation perpétuelle comme la concession du même nom. Je m’étais bien habitué à cette existence où ma bonne étoile m’avait protégé jusque là. Tout, ou presque tout, me réussissait et, à toutes les époques j’ai eu de fidèles amis qui ne se seraient pas fait tuer pour moi, heureusement. J’ai échappé à maints dangers par miracle et c’est pourquoi j’y crois, j’y ai toujours cru. En tout cas, il est bien sûr qu’ils se manifestent pour certains artistes. D’abord à Toulouse durant l’occupation où toute la famille Kikoïne fut dénoncée à la milice de Pétain, et plus tard au moment de la libération, toujours dans la ville rose, où ces mêmes sbires souhaitaient ajouter un juif à leur tableau de chasse… avant de se dissoudre dans la nature. J’ai eu bien d’autres occasions d’abréger mes jours : sur la route d’abord, en Algérie dans ma 4 CV, lorsqu’un camion fou et ivre me barra la route à 100 km à l’heure, au bas d’un virage en épingle à cheveux ; au Sahara, ensuite où je me perdis corps et biens, à deux reprises. Chaque fois j’ai bien senti que mon tour n’était pas encore arrivé. Côté sentiment, tendresse, je n’ai rien à envier à quiconque, car j’ai eu mon content d’amour. Plus que je ne méritais, c’est bien sûr. J’ai usé et abusé de mon cœur. A un âge fort avancé, j’ai encore bénéficié de la faveur des dieux (d’Israël) qui m’ont envoyé une compagne …

Côté peinture, je me réjouis là également, car cet art d’enfant que j’avais pratiqué dès mes culottes courtes en allant sur le motif avec mon père, a comblé la part de curiosité poétique et créatrice si indispensable à l’Homo Sapiens. J’ai peint sans doute et sans m’en douter quelques beaux tableaux et beaucoup d’exécrables. Que les amateurs qui en possèdent me pardonnent, je n’avais que de bonnes intentions en les peinturlurant. C’est vrai aussi qu’ils ne se sont pas ruinés pour les acquérir. Je suis bien aise d’avoir préalablement dilapidé un peu de ce que j’avais amassé, car comme disait le grand Utrillo un jour de cuite : « … ce qu’on garde pourrit, ce qu’on donne fleurit… ». Il reste un peu partout des œuvres de toutes sortes et je suis persuadé (que dis-je convaincu) que mes héritiers se les partageront équitablement. En fin de parcours, je n’ai pas bien saisi si la vie avait une réelle signification, mais j’ai vécu comme si elle en avait. On passe son temps à se réjouir ou à s’attrister, à faire du bruit avec la bouche ou avec des pinceaux, et puis on arrive toujours au même endroit. Je ne regrette pas d’avoir privilégié les petits à-côtés de la vie, d’être demeuré un touche-à-tout, un amateur doué. Tout le monde ne peut être Soutine ou Bach, j’ai quand même le sentiment d’avoir inventé une chansonnette.

Jacques Yankel

Daniel Hoffman -Original Klezmer.

* Le site de Matthieu Dupont : CLIC

** Le site d'Anne Lüscher : CLIC

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ADDENDUM.

A bâtons rompus, autour de son rapport à l'Ardèche, à l'Afrique et à l'écriture...

Et aussi...

Enfin, pour refermer (provisoirement) l'album de famille...

¤ Sur la suggestion de JMA, la vie artistique à Labeaume (Yankel, mars 1997) :

¤ NB : CATALOGUE

Autour du "derrick de nuit" figurant au catalogue raisonné provisoire sous le n° 701, voir sa relation avec le catalogue Le pétrole vu par cent peintres (Musée Galliera - Paris, 6 au 21 octobre 1959) :

Jeanne Daour (7) & Jeanne Daour (8)

 

En date du 26/08/20, Dinah Kikoïne me confirme :

Le derrick : il s’agit bien entendu du N° 701 de la base de données. Dans ces années là, mon père a peint plusieurs toiles et lithographies, entre autre à la demande de la Cie Esso et du mari de sa soeur qui possédait une société de forage, la Forex. Les reproductions servaient aux cartes de voeux de ces sociétés, cadeaux de lithos aux actionnaires et autres clients. Pour la petite histoire une des invitations représente une station essence Esso. Mon père était d’autant plus intéressé qu’il avait été peu de temps avant, en tant que géologue en Afrique du nord pour faire des recherches sur de possibles gisements.

Dinah Kikoïne me rappelait en outre que les différentes "festivités" du centenaire Yankel ont bien sûr été reportées pour cause de virus mais que les expositions organisées par le Département de l'Ardèche sont toujours prévues en septembre et octobre.

J'ai aimé la vidéo conçue par le Département pour cette occasion.

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